À la Une

Le serment de la civilisation de l’amour

Par les Irréductibles Français

Nous parlions de ce serment dans notre article : Bâtir la Civilisation de l’Amour.
Nous vous invitons ici à le prêter (cf en bas de la page).
Vous trouverez la fiche de ce serment ici.

« Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m’engage à bâtir en ce monde la civilisation de l’amour. Je m’engage, avec tout mon être et pour toute ma vie, à œuvrer pour étendre le Règne du Christ et pour qu’advienne un temps de paix et de justice. Je suis conscient que cela commence déjà à la maison, avec ma famille et mes proches, mais aussi que cela me demandera des choix exigeants qui m’entraîneront sur des chemins nouveaux pour servir Dieu et mon prochain, avec l’assistance de l’Esprit-Saint, des anges et des saints. »

La civilisation de l’amour

La civilisation de l’amour est une société imprégnée de charité qui trouve dans l’Évangile son ferment pour que la vie humaine soit authentiquement vécue. Ce terme a été mis à l’honneur par Paul VI (cf. le livre de Patrick de Laubier, La civilisation de l’amour selon Paul VI). Présente dès le début du christianisme d’une manière sous-jacente, cette civilisation est une réalité surnaturelle donnée par Dieu. Elle se fonde sur le mystère de l’Incarnation et sur le salut apporté par la Passion et la Résurrection. Elle trouve dans la doctrine sociale de l’Église une expression de ses principes clefs.

Lire la suite « Le serment de la civilisation de l’amour »
À la Une

Connaître Dieu

« La vie éternelle, c’est qu’il te connaisse, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17, 3).

Telle est notre perspective : connaître Dieu ! Et vivre de la béatitude qui en découle. C’est une promesse d’avenir pour le moins réjouissante.

Pour pouvoir le connaître, Dieu nous a créés à son image : nous sommes des personnes. Nous sommes chacun une « substance individuelle de nature rationnelle », selon la définition de la personne de Boèce (480-524). « Persona est naturae rationabilis individua substantia ». Et c’est cette rationalité qui nous permet de connaître Dieu.

Cependant, une confusion est ici possible, car le mot de « rationabilis » a plusieurs sens. Selon le dictionnaire Gaffiot (éd. 2001) il veut dire : « raisonnable, doué de raison » pour le latin postclassique du Haut-Empire (Ier-IIIe siècle ap. J.-C.), et « spirituel, mystique » pour le latin tardif du Bas-Empire (IV-Ve siècle av. J.-C.).

On peut penser que Boèce, décédé en 524, ait plutôt utilisé ce terme selon cette dernière connotation spirituelle dans la définition citée plus haut. Mais ce n’est pas ce sens spirituel qui a souvent prévalu, en particulier en Occident, où la « rationabilis » s’est trouvée liée au concept, à l’idée, à la logique, voire même à la loi.

Lire la suite « Connaître Dieu »
À la Une

Nos amis les anges

Cosmos04         ange1b

Avant de commencer notre propos, prenons le temps de nous arrêter quelques instants pour considérer la multitude d’anges qui sont là autour de nous. Ils partagent notre vie. Ils se rendent présents à nous. Ils nous aident à entrer en présence de Dieu. Ils nous éclairent, nous illuminent. Ils nous réconfortent et nous soutiennent. Ils nous aident à avancer, et à être heureux. Si nous prêtons l’oreille, c’est un chant d’amour joyeux et majestueux tout à la gloire de Dieu.

Considérons l’ange gardien plus particulier qui a été mis à notre côté pour toute notre vie. Il est là pour nous. Il nous connaît depuis toujours. Il veille sur nous. Il a été là dans nos moments de joies et dans nos moments de peines. Il nous parle chaque jour.

Confions-nous à eux, et demandons-leur de nous aider à mieux les connaître.

Notre allons chercher ici à présenter une histoire de notre perception des anges, puis à regarder qui ils sont, ensuite à voir leur organisation en hiérarchie, pour enfin nous intéresser à toute la communauté céleste. Nous donnons à la fin une liste des ouvrages qui ont permis cette synthèse. À ces références s’ajoutent dans notre propos divers éléments glanés au fil des rencontres et des échanges.

Lire la suite « Nos amis les anges »

À la Une

Le très-humanisme mystique

« Très » veut dire « beaucoup » et « au-delà de ». Il s’agit, pour le très-humanisme, de servir beaucoup l’homme et au-delà de l’homme.

Le titre de la vidéo ci-dessous ne veut pas dire qu’il s’agit d’une nouvelle idéologie prétendant sauver le monde. Mais il veut dire que le très-humanisme est une posture existentielle nous permettant d’entrer dans le mystère de la vie, en la respectant, et en accueillant le salut qui vient d’au-delà de nous, et ultimement de Dieu. On le qualifie donc de mystique.

Les deux principes fondamentaux du très-humanisme :

  • Respecter la dignité inaliénable de chaque personne humaine.
  • Servir ensemble le mystère de la vie et de l’amour qui nous dépasse.

Pour aller plus loin, vous pouvez regarder les articles suivants :

La Femme de l’Apocalypse

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » (Ap 12, 1-2)

À la septième trompette du livre de l’Apocalypse apparaît dans le ciel un signe grandiose : une Femme ! Il est bon de nous replacer dans cette vision alors que nous entrons dans l’Avent, et que nous allons bientôt fêter l’Immaculée Conception. Les interprétations traditionnelles voient dans cette femme l’Église et la Vierge Marie. De fait, les visions ont en général plusieurs sens. La Vierge Marie par l’Esprit-Saint a enfanté le Christ, et l’enfante dans le cœur des croyants formant ainsi l’Église. L’Église par les sacrements et l’accueil de l’Esprit-Saint enfante le Christ dans le cœur des fidèles.

Dans ce chapitre 12 de l’Apocalypse, nous nous situons dans le temps de l’Église, dans son chemin à travers l’histoire. Cet enfantement est celui de la venue du Christ dans les âmes des fidèles. Le Christ vient comme un enfant en nous, et il compte sur nous pour l’enfanter dans le monde. Membres de l’Église, nous sommes le lieu de cet enfantement, et il nous faut travailler à cet enfantement. C’est une folie d’amour. Pour ceux qui méconnaissent la bonté de Dieu, c’est un scandale. Peur ceux qui réduisent la spiritualité dans les limites de la raison humaine, c’est une folie tout court.

C’est le mystère de l’union de l’humain et du divin. Le Sacré-Cœur est un mystère qui le manifeste. Et c’est ce qui se vit à la messe : le Christ vient un nous par l’Eucharistie où nous recevons son Corps et son Âme, son Humanité et sa Divinité. Le Christ vient habiter en nous. Il est l’Enfant-Dieu qui s’enfante en nous par l’Esprit-Saint. Il est l’Agneau livré entre nos mains. C’est un mystère spirituel et charnel. Et c’est ainsi qu’il constitue son Corps qu’est l’Église, et qu’il nous entraîne dans le mystère de la Trinité.

Lire la suite « La Femme de l’Apocalypse »

Le Verbe s’est fait chair

« Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14)

Angélus Silesius, un mystique allemand du XVIIème siècle nous dit : « Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né ». Dans son livre, Le Voyageur chérubinique, il nous parle souvent de cette naissance du Christ dans une âme par l’Esprit-Saint, comme une perle qui se forme dans un coquillage.

C’est là le grand mystère du christianisme : Dieu se fait chair et vient comme un enfant habiter dans notre âme, dans notre esprit, dans notre corps. Il vient comme un enfant. Cela se fait par les sacrements. Le baptême en est la porte d’entrée. L’eucharistie est le lieu par excellence pour le vivre. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jn 14, 23). Ce que Dieu a fait dans la Vierge Marie et chez saint Joseph, à savoir venir comme un enfant, il le refait mystérieusement en chacun de nous. Il répand sur nous son Esprit pour que le Christ habite à nous. Dans la nuit, Jésus vient habiter chez nous, il nous demande de l’enfanter en ce monde. C’est un mystère de noces, qui commence aujourd’hui et qui continuera éternellement au Ciel. C’est une union féconde de la créature avec son Dieu. Le Verbe se fait chair en chacun de nous. C’est pourquoi l’Église aime le culte des saints, car en plus d’être pour nous des amis et compagnons de route, Dieu habite en chacun d’eux.

Lire la suite « Le Verbe s’est fait chair »

Les quatre mystères

Le Tétramorphe – les quatre évangélistes

Il ne s’agit pas ici de parler des quatre mystères du rosaire, mais des quatre mystères de la vie chrétienne : création, sanctification, rédemption, glorification. Notons au passage en parlant du rosaire que la création est plutôt un mystère joyeux, la sanctification un mystère lumineux, la rédemption un mystère douloureux et la glorification un mystère glorieux.

On constate que chaque personne est plus ou moins sensible à l’un ou l’autre de ces quatre mystères aux différents moments de sa vie, et que des époques et zones géographiques ont leur dominante davantage dans l’un ou dans l’autre. Or, toute vie chrétienne équilibrée demande de prendre en compte ces quatre mystères.

Quelqu’un de plus sensible à la création va nous parler d’épanouissement et de projets. Quelqu’un de plus sensible à la sanctification va nous parler des grâces reçues et à recevoir. Quelqu’un de plus sensible à la rédemption va nous parler de notre condition de pécheurs, des combats eschatologiques et va travailler à vider le purgatoire. Quelqu’un de plus sensible à la glorification va nous parler de ses fréquentations de la cour céleste (Trinité, anges, saints) et des splendeurs du paradis où il faut désirer aller.

Lire la suite « Les quatre mystères »

Quatrième heure

Couronne d’épines, couronne d’amour.
Ce fut soudain, ce fut un jour.
De sang précieux la coupe déborde,
En la Divine Miséricorde.

Cœur transpercé, cœurs bouleversés.
Le monde, changé, s’est inversé.
Lance perçante, vie jaillissante.
Flamme luisante, bien réchauffante.

Vision d’horreur, moins d’un quart d’heure.
Bourreaux méchants, enfants pleurant.
La Lune en rouge, la Lune en sang.

Car voilà l’heure, non d’un malheur,
Mais d’un retour au Crucifié,
Laissons tomber tous nos péchés.

Il est vraiment ressuscité !
Et il nous donne le Paraclet !
Petite clef, divine cité.

La Civilisation de l’Amour

Dans un monde hanté par le péché,
Là où la noirceur a tout vicié,
Un bébé nous est né. Un Enfant nous a été donné.
Et la pureté est à nouveau prônée.

Quand parler ne fit plus que blesser,
Quand le silence ne fit plus qu’enfermer,
Le Verbe se fit chair en Judée,
Et la Parole redevint charité.

Quand nous étions le plus égarés,
Quand nous t’avions renié,
Le temps de la miséricorde est arrivé,
La voix de l’enfance nous a été enseignée.

Et à notre mère nous nous sommes consacrés.
Et Marie pour nous a intercédé.
Et le temps est arrivé.
Et tout s’est embrasé.
Et ce fut le règne de la charité…

L’hiver arrive

L’hiver arrive.
Il sera sec et froid.
Un froid glacial
À vous geler les os.
On dirait la mort :
Un monde macabre, sans vie
Et qui ne se relèvera pas.

Les branches sans feuilles craquent et tombent.
La terre gelée crevasse de toute part.
Les animaux ont fui. Existent-ils encore ?
Et je gis là, dans ce monde.
Un monde lugubre, sans voix.

L’hiver arrive.
L’hiver est sur le monde.
Est-ce la fin ?
Y aura-t-il un matin ?

Pourtant le souvenir de l’automne n’est pas mort.
Ce monde de feu et de flamme
Où les splendeurs de l’été
Restaient encore tout imprégnées.
L’été ? Ce grand soleil brûlant
Qui règne sur un monde vivant.
La vie ? N’est-ce pas cela que l’on fête au printemps ?
Ce printemps où éclot une nature verdoyante
Après les rudesses de la saison hivernale.

L’hiver, nous y revoilà !
Mais les quatre saisons sont là !
La vie est là !
Elle ne demande qu’à naître, qu’à renaître.
Elle se prépare dans le silence et l’obscurité
Pour émerger toute renouvelée
Et parée de beautés
Qu’elle ne nous avait encore jamais dévoilées.

J’aime l’hiver.
Car l’hiver annonce la nouveauté
D’une nouvelle année !

Ô France

Que mon cœur est rempli de joie et de douleur quand je pense à toi, ô France !

Si l’on écoute attentivement, on entend ton âme comme un chant mélodieux, façonné par des générations qui ont aimé, qui ont prié, qui ont dansé, qui ont travaillé, qui ont transmis ton héritage.

Mais un murmure immense et insupportable cherche à détruire ce chant de vie et de joie.

Tu as une vocation, ô France ! Le sais-tu ? En as-tu pris conscience ?

Tu as été remarquée depuis de nombreux siècles comme celle qui a su le mieux chanter l’amour, et parler de la joie de la vie amoureuse, et de la vie avec Dieu.

Ta voix doit se faire entendre dans la symphonie des peuples, comme celle qui permet à chacun de s’ajuster, de trouver sa place et sa bonne note.

Oh, non, ne te méprends pas. Il ne s’agit pas pour toi de régner sur le monde. Il s’agirait au contraire d’empêcher toute tentative d’une usurpation de pouvoir venue du politique ou du religieux. Tu as su faire cela autrefois, durant les quinze siècles de ton histoire, t’opposant parfois à l’empereur, ou parfois au pape, quand l’un ou l’autre voulait s’accaparer toute autorité. Je te le dis, ce fut une belle mission. Tu n’avais de la puissance que dans la mesure où cela te permettait d’être fidèle à ton appel.

Lire la suite « Ô France »

De la délicate manière de communier

hoste et calice

« Prenez et mangez »
« Prenez et buvez »

Communier est un acte immense. Nous recevons en nous le Christ dans son Corps et son Sang, dans son Humanité et sa Divinité. C’est Dieu qui vient nous visiter. Nous le recevons comme un enfant dans nos bras, dans nos bouches, dans nos âmes. Il est là, livré, abandonné… Il n’attend que notre amour, il guette notre regard. Et si nous répondons à son amour, il nous remplit de ses dons, de son Esprit, de sa force et de sa joie. C’est un déferlement d’amour qui nous envahit, une déflagration de le plus grosse bombe de l’histoire, celle de l’Amour fait chair.

Qu’il est beau d’observer ses frères et sœurs communier, s’approcher de la table eucharistique, goûter le pain de vie. Qu’il est beau de voir toutes ces âmes voulant vivre d’amour, voulant vivre de Dieu. C’est édifiant, on y découvre des trésors insoupçonnés.

Et pourtant, il nous est tous arrivé un jour ou l’autre d’être surpris par telle ou telle manière de communier. Il nous est tous arrivé de nous dire : celui-là, il manque d’amour ; celui-là, il manque de foi ; celui-là, il n’a pas un bon esprit, une bonne spiritualité ; celui-là, il ne communie pas comme moi ; celui-là, il manque de révérence envers Dieu ; celui-là, il n’a pas tout compris. Et nous nous sommes mis à juger, à observer de l’extérieur, à critiquer, à vouloir nous différencier. Et la communion, au lieu d’être le moment de l’amour et de l’unité, est devenu le moment de la division et de la séparation. Le Corps s’est trouvé être déchiré par nos paroles intérieures et extérieures. Et nous avons perdu de vue le Christ. Nous avions posé en cet instant le geste de la communion pour nous unir à Lui, et finalement nous n’avons pensé qu’à ces autres qui sont autour de nous pour commenter leurs actes et nous comparer à eux. Lire la suite « De la délicate manière de communier »

La Barque de Pierre

L’Église a toujours été vu comme une barque. La barque des Apôtres, la barque de Pierre. Nous sommes tous participants de ce bateau, gouverné par le Christ lui-même, qui nous mène à travers l’histoire vers l’accomplissement de toute chose et qui continuera sa course dans l’éternité pour la gloire de la Trinité.

Ce bateau est gouverné par le Christ, mais il a chargé les apôtres et en particulier Pierre, dont les successeurs sont aujourd’hui les évêques avec à leur tête le pape, de le représenter, de manifester sa présence, d’agir en son Nom, d’agir pour Lui ; il a voulu être Lui-même agissant en eux. Tous nous sommes participants du gouvernement du Christ, mais les évêques, et avec eux les prêtres, sont là pour manifester ce gouvernement tant que le Christ n’est pas revenu dans la gloire, et qu’il n’est pas visible à nos yeux.

Nos églises de pierres, nos édifices religieux, nous permettent d’entrer dans ce mystère. Elles ont généralement la forme d’une barque, d’un bateau à l’envers avec leur nef central voûtée. Nous entrons dans l’Église par le baptême, et pour signifier cela beaucoup ont placé le baptistère à l’entrée des églises, à l’arrière. Puis vient la nef où nous prenons place, comme nous prenons place dans la barque de l’Église, pour participer à son périple, pour la faire avancer. Les confessionnaux des bas-côtés sont là pour désigner cette pérégrination dans l’histoire. Puis, avançant vers l’avant de l’Église, vers l’avant du bateau, nous trouvons le chœur, où la lecture de la Parole de Dieu que nous entendons depuis l’ambon nous désigne l’horizon de notre voyage, la route à suivre, celle de la Jérusalem céleste composée des anges et des saints. La Parole vient d’au-delà de ce monde pour nous éclairer. Elle est lue par le prêtre qui nous signifie le Christ nous guidant en ce monde. La Croix est aussi présente en ce lieu, comme la voile qui fait avancer le bateau, qui nous donne la force d’avancer et d’aimer. Mais toute l’église a généralement aussi la forme d’une Croix pour montrer que c’est dans la Pâques du Christ que se joue le mystère chrétien, que c’est là le mystère de l’Amour pleinement accompli qui nous rassemble autour de Dieu.

Lire la suite « La Barque de Pierre »