Des contes pour le Troisième Millénaire

Saint_Jean_à_Pathmos
Saint Jean l’évangéliste à l’île de Patmos

« Je vis un autre ange puissant, qui descendait du ciel, enveloppé d’une nuée ; au-dessus de sa tête était l’arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre ; et il cria d’une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j’allais écrire ; et j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris pas. Et l’ange, que je voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel, et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont, qu’il n’y aurait plus de temps, mais qu’aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplirait, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes. » Livre de l’Apocalypse 10,1-7

Que sera le Troisième Millénaire ? De quoi sera-t-il fait ? Quel sera son mystère, sa vie, ses joies et ses peines ? Qui oserait répondre à de telles questions ? Des perspectives angoissantes habitent le monde d’aujourd’hui, qu’elles soient sanitaires, écologiques, sociales, géopolitiques ou spirituelles. Mais y aura-t-il des vérités profondes sur le monde, sur Dieu, sur les anges et sur l’homme qui nous auraient échappées et que l’on découvrira un jour ? Y aura-t-il des évènements capables de faire voler en éclat nos propres conceptions, ce qui fonde notre civilisation, et de nous mener vers des jours plus heureux, ou tout au moins différents, plus sombres ou plus merveilleux ? Ou faut-il simplement répéter toujours la même chose, chacun selon sa sensibilité et son éducation, en espérant que le camp du bien finira par l’emporter dans un combat qui semble ne jamais finir, et comme si nos idées étaient finalement celles de Dieu ?

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Tanac

Chapitre 1 : Une merveilleuse cité

Une ville

Tanac. Ville étrange. Installée dans une plaine de grande beauté et fertilité, non loin de montagnes élancées. La cité est riche en merveilles et en lieux fabuleux. Dans ses recoins et ses allées, les passants s’y promènent le regard enchanté. La vie s’y déploie agitée et prometteuse. On pourrait croire que cette ville est éternelle. Pourtant, c’est une si petite flamme dans un monde immense en déroute.

À l’ouest, c’est le pays d’Éolus. C’est un empire d’ingénierie. Les machines s’y retrouvent partout : pour nourrir, pour produire, pour faire la guerre, pour faire l’amour, pour bâtir, pour chasser, pour dormir, etc. Et à force d’en construire, la nature a été ravagée. La vie a reculée, la vie s’est amenuisée. Les gens de cette contrée sont fascinés par leur système politique qui repose sur l’alliance de douze rois.

À l’est se trouve Asmoda, c’est un monde de guerrier qui adore un Dieu guerrier. La liberté n’existe pas. Il n’y a qu’un empire, uniforme. Ceux qui y habitent s’y sentent puissants ; ils sont fiers de leurs mœurs et de leur destin. Ces personnes vivent de l’esprit de prophétie : les prophètes sont nombreux et sont regroupés dans sept écoles, autour de sept maîtres-prophètes.

Au nord, c’est le pays de Belsa, c’est un monde en déclin. Il pourrait ressembler au monde de Tanac, mais une alliance ancienne avec celui d’Éolus l’a entraîné dans une décadence dont il ne se remet pas. L’on y vit au rythme des célébrations liturgiques. Et c’est l’esprit sacerdotal qui y prédomine dans une organisation hiérarchisée autour d’un grand-prêtre et de ses deux adjoints.

Au sud, personne ne sait ce qu’il y a au sud. On dit que c’est un monde de désolation. On le pense désert, mais personne ne le sait vraiment. Il y règne une profonde obscurité. Les machines qui l’ont exploré n’y ont jamais rien vu. Mais beaucoup à Tanac pense qu’il est habité. Certains y sont partis ; on ne les a jamais revus.

Et au-delà de tous ces empires, loin, très loin, de l’autre côté du globe, se trouve un monde que l’on connaît peu. On le dit fasciné par le fantastique, et fasciné par tout ce qui vient des puissances de la nature. Là-bas, la magie fait des ravages. Mais ce monde obéit à une autre logique. Il est très différent et très divers. Lire la suite « Tanac »