Saint Pierre et saint Paul : le veto paulinien

« Puis, au bout de quatorze ans, je suis de nouveau monté à Jérusalem ; j’étais avec Barnabé, et j’avais aussi emmené Tite. J’y montais à la suite d’une révélation, et j’y ai exposé l’Évangile que je proclame parmi les nations ; je l’ai exposé en privé, aux personnages les plus importants, car je ne voulais pas risquer de courir ou d’avoir couru pour rien. Eh bien ! Tite, mon compagnon, qui est grec, n’a même pas été obligé de se faire circoncire. Il y avait pourtant les faux frères, ces intrus, qui s’étaient infiltrés comme des espions pour voir quelle liberté nous avons dans le Christ Jésus, leur but étant de nous réduire en esclavage ; mais, pas un seul instant, nous n’avons accepté de nous soumettre à eux, afin de maintenir pour vous la vérité de l’Évangile. Quant à ceux qui étaient tenus pour importants – mais ce qu’ils étaient alors ne compte guère pour moi, car Dieu est impartial envers les personnes –, ces gens importants ne m’ont imposé aucune obligation supplémentaire, mais au contraire, ils ont constaté que l’annonce de l’Évangile m’a été confiée pour les incirconcis (c’est-à-dire les païens), comme elle l’a été à Pierre pour les circoncis (c’est-à-dire les Juifs).

En effet, si l’action de Dieu a fait de Pierre l’Apôtre des circoncis, elle a fait de moi l’Apôtre des nations païennes. Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée, Jacques, Pierre et Jean, qui sont considérés comme les colonnes de l’Église, nous ont tendu la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion, montrant par là que nous sommes, nous, envoyés aux nations, et eux, aux circoncis. Ils nous ont seulement demandé de nous souvenir des pauvres, ce que j’ai pris grand soin de faire.

Mais quand Pierre est venu à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il était dans son tort. »

Épître aux Galates 2, 11-21

Dans ce passage du Nouveau Testament, saint Paul s’oppose ouvertement à saint Pierre. Auparavant, il a affirmé bien reconnaître l’autorité de Pierre et des Apôtres, et être allé les consulter pour vérifier qu’il n’avait pas couru pour rien durant 14 années.
Mais là, Paul s’oppose franchement à Pierre, dans ce que nous pourrions nommer un veto paulinien.

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Des troupeaux sans bergers…

« En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. » Mc 6, 6

J’avoue ressentir parfois un peu de peine pour certaines brebis du Seigneur : pour celles que l’on croise au coin des rues et des routes, mais qui n’arrivent guère à trouver leur place dans les structures ecclésiastiques, et à se sentir concerné par son jargon. Je m’explique.

Je suis bien conscient que les ecclésiastiques font un travail admirable. Mais parfois, certaines brebis étant trop différentes, ils ont du mal à savoir comment s’en occuper. Et moins ils s’en occupent, plus elles deviennent différentes, interprétant l’Évangile selon leur mode à elles, sans parfois trouver l’équilibre qu’il convient. Et ces différences, parfois un peu clownesques, donnent des arguments à ceux qui prétendent que cela ne sert à rien de s’en occuper. Et cela devient un cercle vicieux.

Nous pouvons penser aux gens du voyage, aux personnes de la rue, ou aux missionnaires fougueux et un peu fol en Christ. Pour eux, les ecclésiastiques ressemblent un peu trop à des architectes qui ont leur projet et leur vision, et pas assez à des jardiniers qui se promènent par les chemins pour regarder chaque plante et se demander si elle pourrait orner le jardin, si elle n’a pas besoin d’un tuteur ou d’être arrosée.

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Lettre ouverte au sujet des sacres épiscopaux envisagés par la FSSPX

Le 2 février 2026, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a annoncé la consécration épiscopale de nouveaux évêques le 1er juillet prochain, en passant outre l’accord du Saint-Siège, justifiant cette « mesure d’exception » à cause « d’un état de nécessité » pour le bien des âmes.

Certains essayent de défendre leur position, d’autres parlent déjà d’un schisme consommé.

Nous développons ici quelques réflexions quant à ce genre de discernement, dont voici le résumé en pdf :

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À la Une

Un conte pour la fête de l’Immaculée

Ce 21 novembre est la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple. Anne et Joachim présentent Notre Dame au Temple de Jérusalem. Plusieurs traditions rapportent que l’Immaculée Conception passera une partie de sa vie au service de ce lieu saint, comme d’autres filles juives de l’époque. Elle y restera jusqu’à sa majorité où elle sera fiancée à saint Joseph.

Pour cette occasion, voici un petit conte que nous avons écrit pour honorer l’Immaculée Conception. J’espère qu’il vous plaira, et qu’il honorera le Cœur Immaculé de Marie.

Vous accompagnerez le narrateur dans une sorte de Tour de Bretagne, de Tro Breizh, entrepris pour mieux comprendre et connaitre l’Immaculée. Mêlant irruption d’anges et de saints, considérations mystiques et prophétiques, cheminement simple et humain, ce récit vous entraînera à la fois dans l’aventure et dans la méditation. Vous serez parfois amusés, et vous découvrirez sûrement des réalités que vous ignorez.

Bonne lecture !

Le magistère de l’Église face à la crise sanitaire

Durant la crise sanitaire, chacun y est allé de son petit couplet pour interpréter la situation et indiquer les choix à prendre. Les prises de paroles se sont scindées progressivement entre ceux qui voulaient absolument injecter à tout le monde de l’ARN messager, et ceux qui refusaient ce soit-disant vaccin. La virulence des débats ressemblaient à l’affaire Dreyfus, si ce n’est que le drame en cours a des proportions et des conséquences beaucoup plus catastrophiques.

Les autorités ecclésiastiques n’ont pas manqué de donner également leur avis, en général en abondant dans le sens des puissants de ce monde.

Mais personne ne semble avoir rappelé qu’il existe un paragraphe dans le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église donnant des principes de discernement en cas de crise sanitaire. C’est le seul endroit de ce texte magistériel de référence traitant directement du sujet. Toute parole des ecclésiastiques auraient donc dû commencer par rappeler ce paragraphe, venant de la longue expérience de cette institution. Le XXème siècle a déjà donné à méditer sur le lien entre pouvoir politique, médecine moderne et problèmes sanitaires. Ce paragraphe semble s’en faire l’écho.

469 Les autorités appelées à prendre des décisions pour faire face aux risques sanitaires et environnementaux se trouvent parfois face à des situations où les données scientifiques disponibles sont contradictoires ou quantitativement rares; il peut alors être opportun de faire une évaluation inspirée du « principe de précaution », qui ne comporte pas une règle à appliquer mais plutôt une orientation visant à gérer des situations d’incertitude. Ce principe manifeste l’exigence d’une décision provisoire et modifiable en fonction de nouvelles connaissances éventuellement acquises. La décision doit être proportionnelle aux mesures déjà appliquées pour d’autres risques. Les politiques conservatoires, basées sur le principe de précaution, exigent que les décisions soient fondées sur une confrontation entre les risques et les bénéfices envisageables pour tout choix alternatif possible, y compris la décision de ne pas intervenir. À l’approche de précaution est liée l’exigence d’encourager tous les efforts visant à acquérir des connaissances plus approfondies, tout en étant conscient que la science ne peut pas parvenir rapidement à des conclusions sur l’absence de risques. L’incertitude des circonstances et leur caractère provisoire rendent particulièrement importante la transparence dans le processus décisionnel.

Derrière ce texte, divers principes sont en jeu : subsidiarité, vérité, participation, etc.

Cinq années ont passé depuis le début de la crise sanitaire. Il est sûrement temps de relire sereinement ce qui s’est passé, non pour accuser notre prochain, mais pour demander pardon pour nos erreurs et nos errances, pour chercher à faire mieux la prochaine fois, et pour réaffirmer devant Dieu notre bonne volonté.

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2025 : Le jubilé des 1ers samedis du mois pour une paix durable

La guerre sévit, le monde est à feu et à sang. Cela peut nous laisser songeurs et inquiets.

Mais, nous avons une bonne nouvelle : la Vierge Marie nous a donné un moyen précis pour qu’une paix durable s’installe en ce monde !

C’est à Fatima, une apparition unique en son genre, qui sort du lot parmi toutes les apparitions mariales.

Une dizaine d’apparitions sont reconnues parmi 20.000 apparitions recensées. Et la seule que les papes et toute l’Église ont autant écoutée et cautionnée, c’est Fatima.

Rien ne sert de se perdre dans la multitude des apparitions, car à Fatima tout est dit.

C’est un moyen très simple, accessible à tous, qui n’a pas encore été utilisé.

Les promesses de paix sont explicites.

C’est un cas unique.

C’est le 13 juillet 1917 : « Pour empêcher la guerre », la Vierge Marie annonce qu’ella va venir demander la « Communion réparatrice des premiers samedis ». Et elle revient en 1925 pour la demander explicitement auprès de sœur Lucie. La demande est cette fois-ci au présent. 2025 est donc le jubilé de cette demande.

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Synode sur la synodalité : Errare humanum est…

(Télécharger l’article en pdf)

Du 2 au 27 octobre 2024 se déroule à Rome la troisième et dernière phase du Synode sur la synodalité, qui est parfois également nommé Synode sur la vie de l’Église, ou Synode sur l’avenir de l’Église.

Voulant m’intéresser un peu à cet évènement qui approche, je suis allé regarder les divers documents mis à disposition et notamment l’Instrumentum laboris. Cherchant l’origine de la démarche et de l’appellation « Église synodale », la référence est un discours du pape François en 2015 pour le 50ème anniversaire du synode des évêques, ainsi qu’un document publié en 2018 par la Commission théologique internationale sur la synodalité dans la vie et la mission de l’Église.

Ces deux documents font référence à une citation de saint Jean Chrysostome :
-> le pape François dit : « comme dit Saint Jean Chrysostome, « Église et Synode sont synonymes » »
-> la Commission théologique internationale affirme : « Saint Jean Chrysostome, par exemple, écrit que « l’Église est synonyme de ‘faire chemin ensemble’  » (σύνοδος) »

La citation vient de Explicatio in ps 149 : PG 55, 493. Et ils mentionnent en note un dictionnaire de Patristique grec (1968) de G. Lampe, un théologien anglicain, qui les a aidé semble-t-il dans leurs recherches.

Un peu de grec

Étant un peu curieux, j’ai étudié le texte de saint Jean Chrysostome, et l’article en question du dictionnaire. Leur lecture n’a pas manqué d’intérêt ni de surprises, et montre que ce Père grec considère l’Église surtout comme symphonique, avec l’analogie du chant, et non pas tant comme synodale, avec une synonymie autour de la marche. Pour en être sûr, j’ai fait confirmé mon analyse par un ami théologien et professeur de grec. Telle est l’origine de cet article. Je le partage d’autant plus volontiers que l’intention du Synode semble être que tous puissent échanger librement en Église en toute charité.

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Un petit manuel de discernement : Choisir dans l’Amour de Jésus

Le livre ci-dessous peut être utile à tous ceux qui ont des choix à poser, petits ou grands, ou qui s’interrogent sur leur vocation ou leur métier.

L’auteur a consenti à le rendre disponible ici. Vous pouvez télécharger le pdf, et l’imprimer si cela vous est possible pour en profiter pleinement. Espérons que cela permettra à beaucoup de personnes d’user des bons conseils qui y sont écrits, et que cela portera du fruit quant à leurs choix de vie !

Si vous connaissez des personnes qui ont des choix à poser, n’hésitez pas à le leur envoyer ! Nous savons combien certains peinent pour orienter leur vie et user de leur liberté, et qu’il suffit parfois de peu pour les aider.

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À la recherche des Apôtres des Derniers Temps

Ce jour-là, je me tenais en prière. Mon Jésus d’Amour était là, dans ma chambre, comme une joyeuse présence. C’était doux et humble à la fois.

Regardant par la fenêtre, je vis un immense Dragon à trois Têtes, qui crachaient du feu. La première était rougeâtre, et voulait détruire la famille et l’accueil des vies humaines. La deuxième était bleuâtre, et cherchait à briser l’union de l’esprit et de la matière en se servant des paradis virtuels et des pensées raisonnables. La troisième était verdâtre, et distillait des spiritualités honorables et des idéaux respectables pour nous détourner du Dieu qui s’est fait chair en Jésus-Christ. Ce Dragon voulait donc nous fermer la porte du mystère de l’Incarnation. Et malgré des apparences passagères de grande beauté, il semait division, destruction et mort.

Il était tellement puissant que nous ne pouvions plus attendre de salut qu’auprès d’Adonaï. J’ouvris donc le Livre des Prophéties pour y chercher quels secours Dieu avait préparés pour notre époque. Mon ange me guida. Et le passage qui se présenta à moi fut celui des Apôtres des Derniers Temps de saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Il les voyait arriver dans les grands combats eschatologiques. Ils devaient allier contemplation et action d’une manière inégalée. Fidèles serviteurs de la Vierge Marie, ils devaient obtenir les grâces d’un grand Renouveau.

Je tournais quelques pages, et je tombais sur la description des Apôtres de l’Amour de Jésus, annoncés à Marcel Van. Comme des petits enfants de Marie, tout remplis d’amour, ils devaient écraser la Tête de l’Antique Dragon, et permettre au Règne de l’Amour de Jésus de s’installer sur la Terre. Ils n’étaient pas prévus pour l’époque de ce jeune vietnamien, mais pour plus tard. Plusieurs générations s’étaient écoulées depuis lors. Et je me mis à penser qu’ils étaient probablement déjà parmi nous, et s’étaient peut-être mis à l’ouvrage.

Ma méditation me portant des mois durant dans cette direction, je résolus de me mettre à leur recherche. Je me sentis conduit par l’Esprit-Saint pour mener cette quête. Et mon ange semblait bien à l’œuvre pour organiser ce périple. Je pris mon sac à dos. Et je partis par les routes, à la recherche des signes de leur présence.

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La prière sauvera le monde

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (16, 21-28)

À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.

Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »

Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?

Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.

Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »

Commentaire

Quand Jésus veut aller à la Croix, certains cherchent à l’en détourner. C’est le cas ici de saint Pierre. Il s’imagine que nous pourrions éviter l’échec de nos espoirs humains. L’irruption de la grâce chez Jésus avait laissé entrevoir un avenir radieux. Dieu venait résoudre tous nos soucis ! Il allait enfin redonner sa place à Israël et chasser l’envahisseur romain qui nous empêchait de vivre pleinement l’Alliance avec l’Éternel. Et pourtant, il a voulu vivre l’échec de la Croix pour manifester l’aboutissement de tous nos refus d’aimer que ce Dieu innocent a voulu prendre sur Lui. Et c’est alors que l’Esprit-Saint s’est répandu pour renouveler toute chose dans la Résurrection. Le fondement de nos vies, c’est Dieu et seulement Dieu.

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