Les mystères laborieux

Jean Paul II a ajouté au Rosaire les mystères lumineux qui nous plongent dans la méditation de la vie publique du Christ.

Les mystères joyeux nous parlent de l’enfance de Jésus, les douloureux de sa Passion, et les glorieux de sa Résurrection et de tout ce qui en découle.

Mais il reste une partie de la vie du Christ qui demeure alors dans l’ombre : c’est celle qui va de l’âge de 12 ans à l’âge d’environ 30 ans. C’est la vie cachée de Jésus. Nous voudrions y entrer en proposant des mystères laborieux. Pourquoi laborieux ? Parce que cette vie est un chemin de préparation et de maturation, c’est aussi un temps pour grandir en vertus. C’est celle de quelqu’un qui prend sa place dans la société par sa vie familiale, amicale, professionnelle, religieuse…

Nous proposons ainsi comme mystères :

  • 1er mystère laborieux : la vie de la Sainte Famille à Nazareth
    • fruit du mystère : l’amour de l’Incarnation
  • 2ème mystère laborieux : la pratique de la religion juive
    • fruit du mystère : une authentique piété
  • 3ème mystère laborieux : le travail comme charpentier
    • fruit du mystère : la fidélité au quotidien
  • 4ème mystère laborieux : les voyages et pèlerinages de la Sainte Famille
    • fruit du mystère : s’ouvrir à la rencontre et à l’altérité
  • 5ème mystère laborieux : le départ de saint Joseph
    • fruit du mystère : traverser les épreuves et les deuils

Ces mystères nous plongent dans la vie de la Sainte Famille dans ce qu’elle a de très concrète. Ils nous parlent de l’Incarnation.

Ces mystères laborieux pourraient être dits le mardi, jour qui suit les mystères joyeux du lundi.

Nous aurions ainsi :

  • Lundi : mystère joyeux
  • Mardi : mystère laborieux
  • Mercredi : mystère glorieux
  • Jeudi : mystère lumineux
  • Vendredi : mystère douloureux
  • Samedi : mystère joyeux
  • Dilanche : mystère glorieux
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Le Règne de Jésus arrive !

Après la Miséricorde vient la Justice.

La Miséricorde de Dieu est quelque chose de difficile à comprendre. C’est la marque profonde de son Amour pour nous : il nous communique ce qu’il est, alors que nous ne le sommes pas.

Il nous a créés alors qu’Il n’avait pas besoin de nous. Il nous a communiqués l’existence qu’il avait en propre. C’est une miséricorde.

La Divinité a eu le projet de créer des êtres comme nous dans sa Toute Puissance, dans un amour purement gratuit, et en voulant tellement les associer à son projet qu’Il leur a même donné la liberté de Le renier. La Toute Puissance s’abaisse à solliciter notre oui et notre bon vouloir. C’est étonnant et surprenant. C’est une miséricorde.

Et cela ne s’arrête pas là. Pour aller chercher ceux qui L’ont renié, et parfaire son œuvre, Il choisit de se faire lui-même homme, pour partager notre propre condition sans cesser d’être Dieu. La Toute Puissance vient rejoindre notre misère, pour que dans son Incarnation la Divinité soit unie à l’humanité. C’est une miséricorde.

Le Christ-Dieu, dans son humanité, a renoncé à agir selon sa divinité de Fils pour partager notre propre condition, venant quémander au Père et à l’Esprit-Saint d’intervenir, et ce afin de nous montrer le chemin de la prière, et de nous ouvrir la voie à la vie dans l’Esprit-Saint. C’est une miséricorde et une kénose.

Et il se livre lui-même aux blasphèmes, aux crachats, à la haine et à la croix, pour venir briser par sa vie donnée le cercle infernal de la haine et de la mort, et y mettre son amour, sa vie et sa Résurrection. C’est une grande miséricorde.

Et ce n’est pas encore fini. Il nous donne l’Esprit-Saint pour nous restaurer, et se livre entre nos mains dans l’Hostie et le Vin consacré qui sont sa Présence réelle pour solliciter notre amour, pouvoir vivre en nous, et agir à travers nous. Il compte sur nous pour que sa présence réelle se maintienne en ce monde par les sacrements. C’est une miséricorde.

Et il compte sur notre oui pour que son Règne advienne en ce monde. Il nous demande de faire des miracles et des guérisons en son Nom, de L’annoncer, de libérer ce monde de toutes ses servitudes. Il veut se servir de nous pour réaliser son œuvre et mettre fin au règne de Satan. Quelle miséricorde !

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La vocation de la France

La France est un pays étrange. Il reprend l’esprit latin, mais pour vivre libre, car franc veut dire libre. C’est l’esprit gaulois, fait d’ouverture à l’universel, tout en prétendant bien garder les pieds sur sa terre et dans sa culture, et ne pas en être dépossédé.

L’esprit latin est marqué par le fait de savoir reprendre ce qui vient d’ailleurs pour le faire fructifier et le répandre largement avec une certaine ingéniosité. C’est ainsi que Rome a su reprendre la philosophie grecque, puis l’héritage judéo-chrétien. Ce n’est pas le cas de toutes les cultures. Par exemple, le monde grec ou les peuples germains ont davantage l’idée d’une génération à l’intérieur de leur propre culture, que d’une transplantation venue de l’extérieur.

On constate que le France a su reprendre beaucoup d’héritages venus d’ailleurs, pour les faire fructifier, apporter de grandes nouveautés au monde (pour le meilleur et parfois pour le pire), puis que ces nouveautés se sont ensuite déployées dans d’autres pays et cultures, avant de parfois revenir en France d’une manière décuplée.

Mais la France a bien l’esprit gaulois et pas seulement latin. Suffisamment puissante pour influencer le monde entier et rester libre. Et suffisamment petite pour éviter toute tentation impériale. Qu’elle cherche à montrer les gros bras, et elle voit vite qu’elle ne fait pas le poids face à certains empires. Mais que d’autres cherchent à avoir la main mise sur la France, ou à la pervertir, et ils verront vite qu’elle n’est pas impuissante et que Dieu la protège : des soutiens inespérés, venus d’autres pays ou du monde d’en-haut, saura la relever, en dépit de toutes ses chutes.

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La vocation d’Israël, ou le messie Ephraïm

Le peuple d’Israël ne peut être comparé à aucun autre peuple, comme en témoigne notamment sa subsistance loin de sa terre durant près de 2000 ans. Le Seigneur Dieu a fait Alliance avec Lui pour se révéler à notre humanité. Israël est né de cette Alliance, par la foi d’Abraham. Et à partir de là une histoire sainte a été écrite : Dieu appelle, parle et suscite des évènements surnaturels. Il protège et veille, guide et conduit. Israël s’est retrouvé séparé des nations, pour permettre au projet de Dieu de s’accomplir.

Mais quelle place a Israël parmi les nations ? Comment penser sa vocation en lien avec le reste du monde ?

Pour un chrétien, la venue de Jésus accomplit la vocation d’Israël qui était d’enfanter le messie, le sauveur du monde. En lui se trouvent accomplies toutes les promesses. Cela ouvre la porte aux païens pour entrer dans l’Alliance. Car il ne s’agit plus d’obéir à la Loi juive, comme le dit saint Paul, mais d’accueillir la Seigneurie de Jésus, de mettre sa foi en lui.

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Les trois venues de Jésus

L’Annonciation (par Eustache le Sueur, 1650)

La venue de Jésus dans notre monde est triple. Dieu le Fils s’est fait chair pour nous sauver et venir jusqu’à nous, et cela se réalise de trois manières.

Il est venu il y a deux mille ans en se faisant petit enfant chez Marie et Joseph par l’Esprit-Saint, a prêché le Royaume, a vécu sa Passion et est Ressuscité, puis il est reparti par son Ascension vers le Père. C’est sa première venue.

Il reviendra à la fin des temps dans sa gloire pour récapituler toutes choses en lui, quand nos yeux s’ouvriront pleinement à sa présence. Ce sera le temps où toutes choses seront achevées. Mais déjà, quand chacun de nous partons vers le Ciel au terme de notre pèlerinage terrestre, nous vivons cette rencontre ultime avec Jésus, en attendant ce grand moment où cela sera vécu par l’ensemble du monde créé. C’est sa troisième venue.

Et entre ces deux moments, il vient par l’Esprit-Saint pour habiter dans nos cœurs. Sa grâce fait irruption en nous, par les sacrements et la vie de l’Église, pour que nous l’accueillons dans nos cœurs, dans nos maisons, dans toutes nos réalités. C’est sa deuxième venue.

Jésus n’est parti par son Ascension prendre la dimension de Dieu le Père que pour pouvoir être présent par son Esprit-Saint à chacun de nous. Il se cache pour que nous l’accueillons au plus intime de nous-mêmes et pour que nous réalisions son œuvre dans ce monde à son exemple.

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Les deux anneaux

L’anneau de Sauron dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien est unique. Il est là pour donner à son Maître pouvoir et domination sur tous les autres anneaux et sur le monde.

« Trois Anneaux pour les rois elfes sous le ciel,
Sept pour les seigneurs nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône,
Au pays de Mordor où s’étendent les ombres
Un Anneau pour les gouverner tous
Un Anneau pour les trouver
Un Anneau pour les amener tous,
Et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s’étendent les ombres. »
(Silmarillion)

Nous sommes bien loin de l’anneau que portent les époux en signe d’Alliance : l’anneau des épousailles est lié à un autre pour nous mettre en vis-à-vis dans l’amour et donner la vie.

Dans un cas, nous nous enfermons dans une solitude ténébreuse. Dans l’autre, nous nous ouvrons à une féconde altérité.

Dans un cas, nous voulons dominer le monde, sans être finalement jamais rassasié. Dans l’autre, nous voulons cultiver notre jardin, nous occuper de notre famille et de notre maison, participer à la vie de notre village, où nous trouvons joie, paix et plénitude.

Dans un cas, l’unité est une univocité, où tous deviennent semblables au Maître qui régit chaque chose du haut de sa superbe, et que l’on veut finalement tous finir par remplacer.

Dans l’autre, l’unité se vit dans la diversité des personnalité où chacun a sa place et peut exprimer librement ses dons, talents et charismes.

Dans un cas, c’est la haine et la division, même si l’on fait corps.

Dans l’autre, c’est la charité et la communion.

Qui est Jésus pour toi ?

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Un océan d’amour et de lumière

Le cardinal Journet (1891-1975) est un grand professeur de théologie, nommé cardinal par Paul VI dans le but que sa voix se fasse entendre lors du Concile Vatican II. Un jour, il commence son cours sur la Trinité, le Dieu des chrétiens, par ces paroles : « La Trinité est un océan d’amour et de lumière… » Et il ne peut aller plus loin, se mettant à pleurer devant un si grand mystère. Il ne peut continuer son cours. Alors les élèves, émus jusqu’au plus profond d’eux-mêmes, se rendent à la chapelle pour adorer et rencontrer ce Dieu d’amour.

Un océan… Dieu est sans fin, sans limite. Et nous sommes en lui comme des poissons dans l’eau. Jésus a dit à ses apôtres : « Suivez-moi et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mt 4, 19). Finalement, le but de Jésus n’est pas de conduire les poissons hors de l’eau afin de les tuer. Mais c’est plutôt de les sortir des eaux boueuses et des petites mares où ils se sont enfermés et où ils se meurent, pour les amener dans le grand océan de la Divinité, dans son amour, sa lumière et sa vie qui ne finira jamais. C’est pour cela que nous sommes faits !

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Poème à Benoît XVI

L’épiphanie, près du grand roi.
Plus de soucis, Jésus est là.
Un beau chameau et des rois mages,
Et des cadeaux, jolis présages.

Je vis l’un d’eux au doux visage
Parlant de Dieu, c’est un vrai sage.
Un beau rameau entre ses mains.
Servant là-haut le Trois fois Saint.

Je vis bientôt la Sainte Famille.
Ce fut si beau, les étoiles brillent.
Ils lui sourient et ils l’attendent.
Un enfant rit, des mains se tendent.

Alors merci au pape Benoît
Qui a dit oui, et plusieurs fois.
Au Ciel serein, le cœur du Père.
Mais quel destin ! C’est un mystère.

La Sainte Messe

Quelle merveille que la messe ! Dieu lui-même se donne à nous.

La messe nous plonge dans la vie du Christ, elle rend présent sa Passion, sa mort et sa Résurrection, et elle nous ouvre les portes du Ciel. Le Christ Ressuscité vient par la communion habiter en nous. Il forme ainsi l’Église, son corps mystique, où nous sommes un seul cœur et une seule âme.

La première finalité de la messe se trouve dans cette phrase prononcée dans la liturgie : « pour le gloire de Dieu et le salut du monde ». C’est-à-dire d’un côté dans le fait de nous unir à Dieu : il s’agit de surélever la nature humaine à la divinité et de nous guérir du péché. Et de l’autre dans le fait de nous entraîner dans les mouvements de la vie divine. Celle-ci fait irruption en nous par Jésus-Christ. Et cette vie divine suscite quatre autres finalités à la messe. Celle de louer Dieu pour sa grandeur de la manière même dont les Personnes divines s’échangent des paroles d’amour. Celle de rendre grâce à Dieu pour ses bienfaits immenses. Celle de lui demander pardon et miséricorde pour nos manquements à son alliance. Celle de lui demander son aide et d’intercéder pour les autres.

Certains disent que la messe ne doit pas être le centre et le tout de la vie chrétienne : celle-ci doit s’exprimer dans de multiples réalités. De fait, la messe est la source et le sommet de la vie chrétienne. C’est la porte d’entrée du Royaume de Dieu et c’est là où se célèbre la gloire du Ciel. Mais le centre et le cœur de la vie chrétienne est la présence du Christ dans nos cœurs et au milieu de son peuple. C’est l’union à Dieu pour sa gloire, qui est vécue à la messe, mais qui a vocation à s’étendre partout. La messe nous unit au Christ pour qu’il soit présent partout dans nos vies, et partout dans nos communautés. Et pour qu’avec lui nous ramenions toutes choses en lui en l’offrant à l’autel.

C’est le Christ dans sa gloire qui est uni à nous. Mais c’est aussi le Christ dans sa vie terrestre et dans sa Pâques qui est là à nos côtés chaque jour, et en particulier à la messe. Et ce jusqu’à la fin du monde, car le Christ dans sa vie terrestre a tout assumé depuis l’origine du monde jusqu’à la consommation au jugement dernier.

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