Des animaux fantastiques

Le monde actuel s’effondre, car il s’est enfermé dans les limites de la raison et des capacités humaines. Il ne croit plus que des puissances supérieures sont à l’œuvre, et qu’il faut savoir s’associer avec le Bon Esprit et les bons anges pour gouverner ce monde contre les esprits des ténèbres. Il prétend tout régir tout seul, et il s’en montre bien incapable. Nous pensons que l’Esprit de Dieu va se rappeler à nous dans l’échec de nos entreprises à hauteur d’homme, dans une sorte de nouvelle effusion d’amour, qui nous redonne une nouvelle jeunesse, et un avenir renouvelé. Cela se fera, bientôt ou dans quelques années, par des signes visibles et sensibles de guérison et de manifestation de la gloire de Dieu. Alors, laissez-nous imaginer qu’il use pour cela d’un signe particulier de l’action des puissances supérieures : celui des animaux fantastiques ! Le Seigneur n’a-t-il pas annoncer des signes encore plus grands que ceux qu’il a réalisés lors de sa vie terrestre ? Et nous serions alors à même de prononcer ce discours, que nous laissons à votre méditation :

« Mais qui sont ces êtres qui se déploient dans le ciel de notre monde ? Quel est le sens de ce jour surprenant où nos certitudes semblent vaciller pour nous révéler des réalités inconnues jusque là ? Ce qui semblait du domaine du rêve ou de l’illusion a pris chair. Et ce ne sont pas des robots ou d’autres productions humaines… Ce qui semblait impossible est arrivé. Des animaux fantastiques ont fait irruption dans notre monde. Ils sont venus le sauver du danger de destruction où nos bêtises nous ont conduits.

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Des anges, de leur existence et de leur sexe

Puisque le monde est en feu, il est temps de parler du sexe des anges. C’est une longue tradition depuis la chute de l’empire d’Orient sous les assauts des armées musulmanes en 1453 de procéder ainsi en de telles situations. Cela peut faire rire, mais à chacun de savoir où sont ses priorités. Nous ne faisons pas ici de l’ironie mal placée, mais nous désignons au contraire le point sur lequel notre civilisation a échoué ; et qui peut donc être le lieu d’un renouveau. À vous de vous faire une idée si vous acceptez de prendre le temps de nous lire dans nos différents articles. Nous regarderons ici tout d’abord la question de l’existence des anges, puis celle de leur sexe.

Les anges, donc, qui nous écoutent et sont prêts de nous, sont des êtres purement spirituels. Les diverses religions et cultures attestent de leur existence. Mais peut-on prouver cette existence par la raison humaine ? Certains diront que non, et que cela relèvent seulement de la foi. D’autres, comme saint Thomas d’Aquin et nous-mêmes, soutiendront que cela est possible. La preuve repose essentiellement sur l’argument de la complétude de l’univers des créatures.

De fait, Dieu ne fait rien à moitié. L’on sait que Dieu est purement spirituel. La complétude de l’univers demande qu’il y ait des créatures purement spirituels pour que la perfection propre de la spiritualité soit manifestée en elles. Bien sûr, Dieu a aussi créé des êtres spirituels qui ne sont pas purement spirituels mais composés de spiritualité et de matière : ce sont les hommes. Il y aurait quelque chose de déficient à se contenter de ces êtres spirituels-là, et à imaginer qu’elles soient les seuls de l’univers. On aurait un goût d’inachevé. Ce qui serait sorti des mains de Dieu ne serait pas adéquat à la perfection divine. C’est la preuve par la complétude dans l’ordre de l’existence.

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Holacratie

Aujourd’hui, une grande incertitude règne sur l’avenir. Beaucoup présagent de grands bouleversements qui mèneront à un changement de civilisation. Nous prônons pour notre part un changement de posture existentielle et spirituelle, plus ouvert au mystère de la vie et de l’amour. Notre monde se meurt parce que l’on ne veut pas servir la vie et l’amour, parce que l’on ne fait pas de ce service un projet de société. Pour nous, ce mystère s’est manifesté en plénitude dans le mystère chrétien, mais tous peuvent déjà en percevoir quelque chose.

D’un point de vue politique, il semblerait que nous touchons à la fin d’une utopie qui consistait à croire que le modèle politique occidental allait nous garder dans un monde de liberté et de sécurité. La crise du Covid a fait voler en éclat les dernières digues qui retenaient la mise en place d’une société où la vie privée est grandement contrôlée et où des libertés élémentaires sont retirées aux citoyens. La loi a pris le dessus sur le bon sens et sur le jugement du bien véritable d’une situation. La politique a sombré dans des raisonnements fallacieux et des mensonges orchestrés. Au profit de qui ou dans quel but ? Cela n’a pas grande importance. Ce qu’il faut noter, c’est que quand un gouvernement en arrive là, c’est qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Que la population lui retire sa confiance et refuse de coopérer, alors il s’effondrera. Reste à savoir ce qu’il y aura après.

Pour notre part, du fait de la quête croissante d’un nouveau paradigme plus équilibré, moins clivant, plus pragmatique et plus sage, nous croyons que va ressurgir le vieux principe de philosophie politique qui dit que le meilleur régime est à la fois démocratique, aristocratique et monarchique. C’est ce que l’on peut appeler une holacratie, ou une holarchie. Il s’agit d’un gouvernement complet, entier, organique, qui considère que les personnes et les communautés s’insèrent dans des communautés de plus en plus vastes, qui ne sont pas seulement la somme des personnes ou communautés qui la composent, mais sont encore plus. Le gouvernement se répartit alors intelligemment à tous les échelons. Les unités de base (holons) se composent en unité supérieures plus complexes, et ce dans diverses directions. La société est en fin de compte un corps avec divers organes et de multiples interactions.

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Le sexe est-il un accident ?

Le titre est peut-être un peu accrocheur, mais il s’agit en fait d’une question philosophique dont la réponse revêt une certaine importance. Il se pose la question de savoir si la masculinité et la féminité sont des accidents ou sont d’ordre substantiel. Un accident est ce qui existe dans un autre ; l’accident peut changer dans un être tout en ayant affaire toujours au même être. C’est par exemple la couleur de notre peau. Une substance est ce qui existe en soi, par soi et non pas dans un autre. Pour un être constitué avec une essence, c’est ce qui demeure dans tout changement. La pierre, le chien et l’homme sont des substances aux multiples accidents. Il y a neuf types d’accidents : la quantité, la qualité, la relation, le temps, le lieu, la possession, la situation, l’action et la passion.

La nature humaine n’est ni masculine, ni féminine, même si elle permet l’un ou l’autre. On pourrait se dire alors que la masculinité et la féminité sont d’ordre accidentel et non pas une caractéristique substantielle. On pourrait finalement changer de sexe. C’est ce que soutiennent certaines personnes. Soit radicalement ; soit en disant cependant que c’est un accident trop fondamental pour qu’on puisse en fait vraiment en changer. Lire la suite « Le sexe est-il un accident ? »

Pour une métaphysique de la vie

Si l’on parle aujourd’hui de métaphysique, nous avons souvent l’impression d’avoir affaire à quelque chose de triste et de très abstrait. Ce sont des mots et des concepts qui ne sont pas accessibles à tout le monde et qui pourtant sont censés régir notre manière de penser et de nous situer dans le monde. Nous avons tous l’image de ce métaphysicien assez terne qui joue avec les idées, mais qui paraît bien morose. Et de fait, en étudiant la métaphysique, nous avons parfois l’impression de nous éloigner de la vie. Ce n’est pas toujours le cas, mais nous pressentons au moins que nous en courons le risque.

Pourquoi ? Pourquoi, en nous rapprochant des principes de l’existence, nous semble-t-il partir loin de l’existence ? Pourquoi éprouvons-nous parfois des difficultés à faire un lien entre ces principes et une vie épanouie et heureuse ?

C’est qu’il y a une méprise, une erreur de la pensée, qui nous porte vers un intellectualisme lancinant. C’est que la vie a été remplacée par des concepts. C’est que la plénitude d’être du monde spirituel qui se déploie dans une existence riche et féconde a été remplacée par des abstractions de notre raison souvent de type mathématiques. C’est une méprise à la racine d’une perversion de la métaphysique et pour certains du rejet de celle-ci. Mais cela se cache parfois dans des formes qui nous laissent à penser que nous avons affaire à une métaphysique de l’être tout à fait compatible avec le mystère chrétien.

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De la science

La science moderne est une science physico-mathématique. Elle s’intéresse aux phénomènes du monde visible, elle est donc une physique. Et elle cherche à établir les lois quantifiables qui la régissent. Elle cherche dans la quantité ses principes d’explication. Elle fait donc usage des mathématiques pour l’établissement de ses théories.

Même si c’est une lunette particulière, c’est bien une lunette fascinante pour regarder le monde, pour en observer les contours, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Les choses se mesurent, se situent dans des repères, interagissent selon des forces et des lois. Depuis les particules élémentaires de la matière, jusqu’aux galaxies et amas de galaxies, en passant par les atomes, les molécules, les ADN, les ondes, les planètes et les astres, tout semble observable, quantifiable et mesurable. Le monde est une étendue mesurable. Le scientifique, c’est celui qui sait établir les lois quantifiables de l’univers.

Tout semble montrer à l’esprit moderne que c’est là l’ordre du monde, ce qui fonde la consistance des choses. Le monde est régi par des lois quantifiables. Il ne faut pas croire cependant que cela se fasse d’une manière mécanique et déterminée comme on a pu le penser par le passé. La science moderne a montré que les lois fondamentales de l’univers laissent une part immense à l’indétermination et au hasard. Notons que cela peut avoir la conséquence fâcheuse que les choses n’ayant pas d’autre consistance que quantifiable, elles sont malléables au gré de nos désirs.

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Sacramentalité et réalité

Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu. La divinité s’est associée à l’humanité en Jésus-Christ pour nous manifester son amour, nous réconcilier avec elle et nous entraîner dans les mouvements éternels des échanges du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint où tout n’est que vie, don, joie, félicité, union et fécondité.

Dieu, qui est présent à toute chose de tous les instants, est venu par son humanité à un moment donné de l’histoire pour faire de nous des fils adoptifs. Il a vécu, il est mort et il est ressuscité. Puis il est reparti, mais sans nous laisser seuls. Non seulement il nous a donné son Esprit-Saint, mais il nous a donné l’Église pour que nous trouvions en elle les moyens d’être rendus participants du grand mystère de son Incarnation, de sa Rédemption et de l’Assomption de la nature humaine en Dieu. Il nous l’a donnée pour que notre vie ne soit plus livrée à nous-même et à nos propres forces, mais pour que nous entrions dans la vie même de Dieu, dans les propres mouvements de sa vie intime.

La vie de l’Église, c’est le Christ qui s’approche de nous, qui nous transforme et nous confère l’adoption filiale. La vie de l’Église, c’est le Christ qui vit en nous pour nous entraîner dans l’Amour trinitaire.

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La composition des essences

Notre regard porté sur le monde y découvre un foisonnement de réalités : des pierres, des arbres, des voitures, des maisons, des cheveux, des hommes, des animaux, des abeilles. La liste serait longue. Et si l’on va dans l’infiniment petit, on y découvre aussi une multitude de réalités : des protéines, des molécules, des atomes, des particules, des ondes. Et si l’on va dans l’infiniment grand, il en est de même : des astres, des systèmes solaires, des galaxies, des amas de galaxies.

Ces réalités se croisent et se décroisent, se coupent et se recoupent. Une feuille va grandir sur un arbre, puis partir avec le vent, puis se décomposer et devenir autre chose. À bien regarder le monde, c’est toute une symphonie qui s’en dégage, une mélodie ; c’est une fresque aux colorations incroyables, à la diversité fulgurante. Il y a de quoi être saisi. Et plus l’on avance, plus l’on voit que tout est infiniment complexe, avec de multiples interactions : et ce champ de l’hypercomplexe reste encore un monde immense à explorer.

Mais quelles sont les règles de cette symphonie ? Comment se fait la consistance et le devenir de tous ces êtres ? Lire la suite « La composition des essences »

Esprit de finesse

Il est un défaut de l’humanité qui consiste en la chose suivante : quand l’on a pris soin de définir clairement une vérité, l’on ne voit soudain plus de multiples autres choses qui n’entrent pas dans nos définitions. Et cela, soit parce que celles-ci sont fausses, soit parce qu’il nous manque d’autres distinctions et définitions qui nous auraient permis de laisser la place à toute la diversité de la réalité.

L’esprit de finesse consiste au contraire à se laisser interpeller par les différentes réalités que l’on rencontre, sans les rejeter a priori parce qu’elles ne rentrent pas dans nos définitions, pour trouver les juste distinctions et définitions qui rendent justice à chaque chose.

Les exemples sont nombreux dans l’histoire. Un cas éloquent est la définition de l’intelligence qui a fait disparaître la perception de la connaissance : cf. notre article Connaître Dieu.

La théologie et la vie de l’Église ne sont pas exemptes de ce défaut. Il arrive malheureusement que l’on ne laisse pas toutes les potentialités de la Révélation se déployer. Nous citerons ici trois cas : celui des laïcs consacrés, celui des ministères prophétiques et royaux, et celui de la place de saint Joseph.

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Le sceau de Dieu

L’Agneau mystique que tous viennent adorer (Jan van Eyck)

Une personne m’a rapporté avoir vu un arbre tombé un jour, pourri par le milieu. Ce n’était pas la base qui avait pourri, mais le tronc à mi-hauteur. C’est là l’image de notre monde. Ses racines ont plongé dans le christianisme, mais en grandissant, il l’a rejeté. Il s’est bâti fier et élancé. Cependant, son tronc à mi-hauteur est pourri et il va s’effondrer.

L’effondrement va-t-il être brutale ? Nous pourrions le croire aujourd’hui. Pourtant, Dieu maintient visiblement encore ce monde dans une certaine unité. De fait, nous pensons que le Seigneur va donner encore un peu de temps à notre civilisation, pour que nous puissions nous préparer à vivre une Pâques. Il va s’agir d’abord de grandir en résilience : enracinement, circuits-courts, etc. Mais nous pensons aussi que le Seigneur a encore une mission pour notre monde, une dernière avant un renouvellement par la Croix. Il veut s’en servir pour manifester une lumière de l’Évangile qui n’a pas encore été suffisamment explorée ; il a un dernier mystère à nous manifester, à nous rendre explicite.

Ce mystère touche à l’Incarnation. Et c’est bien là, à l’Incarnation, que le bas blesse : notre attitude durant la crise sanitaire a bien montré que nous n’avons pas su défendre l’Incarnation. Plus de sacrements, plus de présence réelle, plus de visites, que du virtuel et des écrans, et chacun chez soi.

Saint Jean nous avait prévenus : « Car de nombreux séducteurs se sont répandus dans le monde : ils ne professent pas la foi à la venue de Jésus Christ dans la chair. Le voilà, le séducteur et l’antéchrist ! » (2 Jean 1, 7). Et c’est bien à cela qu’il nous faut venir : défendre l’incarnation, et bâtir la civilisation de l’amour.

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