Vous avez dit « complotiste » ?

Saint Georges terrassant le Dragon (Colmar)

Complotiste. C’est aujourd’hui le terme à la mode, dont tout le monde use et abuse. C’est un mot étrange, qui nous parle de lieux secrets où se trament des projets peu respectables. Même si, à l’entendre, on ne sait pas très bien si celui qui participe à ces réunions et organisations de l’ombre est le complotiste lui-même qui serait alors un comploteur, ou ceux, plus ou moins imaginaires, mais qui semblent très nombreux, que le complotiste nous désigne.

Il est intéressant en cette fête des archanges Michel, Gabriel et Raphaël de lever un peu les yeux vers le monde d’en-haut. Les lectures du jour nous y invitent. Et là, il est dit : « Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. » Cela prend place dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 verset 7-9, juste après la septième trompette et la vision de la Femme dans le ciel qui enfante un enfant mâle.

Car le voilà le vrai complot : celui de Satan et de ses sbires. Un complot qui date depuis les origines, qui a amené l’humanité dans sa déchéance, qui a conduit le Christ à la Croix, qui a mis partout la souffrance, la haine et la division… Et on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas nombreux dans cette empire de ténèbres. Les démons et les damnés sont une multitude… Malheureusement.

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Un chemin de Croix

À la Salette, où a eu lieu une apparition mariale, dont nous fêterons ce dimanche les 175 ans.

La Croix fait peur… Et il faut être aveugle pour ne pas voir qu’elle se dessine à l’horizon pour notre civilisation. Pour avancer vers elle, sans craindre et en gardant la paix, il convient d’avoir les yeux fixés sur ce vers quoi elle nous mène, vers le Royaume qui fait irruption en ce monde. Cela n’est pas évident. C’est pourquoi nous allons tacher ici de dessiner le paysage qui se manifeste à nos yeux.

Voici des extraits des lectures de dimanche prochain :

« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie… Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. » (Sagesse 2, 12;20)

« Des étrangers se sont levés contre moi, des puissants cherchent ma perte : ils n’ont pas souci de Dieu. » (Psaume 53, 5)

« Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez… » (Lettre de saint Jacques 4, 2)

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » (Évangile selon saint Marc 9, 31)

Ces passages nous placent sous le signe de la Croix. Cette Croix que nous avons fêtée mardi dernier. Ils nous dévoilent le péché profond du cœur de l’homme qui mène à la haine, au meurtre, à la mort. C’est ce déferlement du mal qu’a subi le Christ sur la Croix. C’est celui que nous sommes tous appelés à vivre à sa suite. C’est celui qui se manifeste de plus en plus dans le monde.

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Chimères

Tapisserie de l’Apocalypse à Angers, le Dragon et la Bête

Ces jours-ci doit être discutée au Parlement une loi très permissive qui ouvre notamment la voie à la création de chimères homme-animal… Cela se passe aujourd’hui au Sénat, et mardi prochain en dernière lecture à l’Assemblée.

Et pendant ce temps, les médias font preuve d’un silence coupable qui laisse la population dans l’ignorance de ce qui est en train de se tramer. D’autres choses sont dans cette loi : PMA, avortements, dons d’organes, etc. Mais cette mesure des chimères ne peut qu’attirer notre attention, tant elle nous semble l’aboutissement de toutes ces mesures où l’on repousse sans fin les limites.

Quand l’on sait que l’avortement avait été votée à l’origine pour des cas très restreints, et qu’on en pratique aujourd’hui 200 000 chaque année en France, et plus de 40 millions dans le monde… Ce qui fait des dizaines de millions en France en quelques décennies, et des milliards dans le monde… Même Simone Veil, qui a promu l’avortement en France, s’est dit horrifiée de cette évolution, ne voulant pour sa part cette loi que pour préserver la santé des femmes, et non pas pour une telle banalisation. Sous couvert de bien, nous avons ouvert une brèche, et désormais il n’y a plus de limites.

Car, c’est bien là le problème. Quand l’on perd le sens de la dignité due à l’embryon, quand l’on ne respecte pas la vie en gestation, c’est toute l’échelle des valeurs qui s’en trouve bouleversée. Et progressivement, avec les années et les nouvelles générations, le sens de la dignité des choses s’étiole… Jusqu’à ne même plus penser qu’un enfant à le droit d’avoir un papa et une maman, et que l’on ne peut institutionnaliser le contraire. Jusqu’à ne plus voir qu’un enfant à le droit de vivre sa grossesse dans le ventre de sa maman. Et l’on en vient à se dire qu’il est même possible de faire des monstres mi-homme, mi-animal. On se croirait sur la Lune…

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Chemin spirituel

L’ancienne Cité de Jérusalem

Sur cette Terre, nous sommes en chemin vers Dieu. C’est un cri de l’âme qu’il faut avoir et cultiver : Je veux voir Dieu, je veux vivre avec Dieu. C’est là que se trouve le vrai bonheur : dans ce chemin. Il faut l’emprunter pour arriver à la joie parfaite. Ce chemin a été décrit par les écoles de spiritualité. Nous allons tâcher ici d’en présenter une synthèse, un résumé, assez succinctement. La description des sept premières demeures est reprise de sainte Thérèse d’Avila (cf. Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, Je veux voir Dieu). La suite vient de réflexions plus récentes où il est apparu à beaucoup qu’il y avait besoin d’un complément (en particulier suite à la vie mystique de Mère Teresa).

Pour bien comprendre ce chemin, il faut avoir en vue une juste anthropologie. L’homme est un être spirituel qui vit sa spiritualité dans la matière. Il est donc un corps, un composé d’une âme et de matière. Son âme, spirituelle, lui permet d’être un esprit ouvert sur le monde de Dieu, mais aussi sur celui des anges, et celui de la spiritualité des autres êtres humains. Par sa matière, il est ouvert au monde sensible des animaux, des végétaux et de tout l’univers matériel. Il voit les autres corps. Il perçoit cette matière et cela suscite en lui des mouvements charnels et spirituels. Il est en contact avec les autres esprits, et cela suscite en lui des mouvements spirituels et charnels. Il a sa propre activité, spirituelle et charnelle.

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Corona… quoi ?

Et voilà ! Encore un article sur la crise actuelle. À quoi bon finalement ajouter encore à la cacophonie ambiante et parler encore de ce sujet ? La psychose qui se généralise dans notre société devrait nous conduire à ne plus y penser et à nous intéresser à d’autres sujets pour sortir de cette crise en nous renouvelant par l’attention au mystère de la vie sous toutes ses formes. Pourtant, la question poignante de chercher le sens de tout cela nous habite et nous pousse à écrire encore là-dessus, en espérant que ce soit la dernière fois. Ce n’est pas finalement la peur, la colère ou le dépit qui nous presse en ce sens, mais l’enthousiasme pour l’œuvre que Dieu a réalisé, qu’il réalise aujourd’hui et qu’il compte réaliser demain.

Et pourquoi parler à nouveau de ce que nous disons par ailleurs de mille manières ? C’est que nous cherchons ici à aller à l’essentiel, à la fine pointe de ce qui est important pour aujourd’hui.

Alors quel est le sens de cette crise ? Vers quel avenir devons-nous porter nos pas ?

Je voudrais partager cette idée que nous sommes un peu comme les rois mages qui suivent une étoile qui doit les mener à la Crèche. Notre civilisation qui a vieilli et qui est fatiguée ne peut selon nous se renouveler qu’en entrant à nouveau dans le mystère de Noël. Bien sûr, toute grâce vient du mystère pascal. Mais le mystère de la Nativité, de cet enfant qui est Dieu et qui se rend visible entre Marie et Joseph dans une humble étable, est celui qui peut nous redonner le goût de la vie. C’est un mystère qui fait la joie des enfants, et qui unit les familles. C’est un mystère où le ciel s’ouvre et où les anges se mettent à chanter la gloire de Dieu. C’est le mystère de l’Incarnation : celui d’un Dieu qui se fait chair, celui d’un amour qui se manifeste par des gestes, des regards, des sourires, des repas, des étreintes, des présents, celui des anges qui agissent concrètement pour nous aider et nous accompagner.

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Sacramentalité et réalité

Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu. La divinité s’est associée à l’humanité en Jésus-Christ pour nous manifester son amour, nous réconcilier avec elle et nous entraîner dans les mouvements éternels des échanges du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint où tout n’est que vie, don, joie, félicité, union et fécondité.

Dieu, qui est présent à toute chose de tous les instants, est venu par son humanité à un moment donné de l’histoire pour faire de nous des fils adoptifs. Il a vécu, il est mort et il est ressuscité. Puis il est reparti, mais sans nous laisser seuls. Non seulement il nous a donné son Esprit-Saint, mais il nous a donné l’Église pour que nous trouvions en elle les moyens d’être rendus participants du grand mystère de son Incarnation, de sa Rédemption et de l’Assomption de la nature humaine en Dieu. Il nous l’a donnée pour que notre vie ne soit plus livrée à nous-même et à nos propres forces, mais pour que nous entrions dans la vie même de Dieu, dans les propres mouvements de sa vie intime.

La vie de l’Église, c’est le Christ qui s’approche de nous, qui nous transforme et nous confère l’adoption filiale. La vie de l’Église, c’est le Christ qui vit en nous pour nous entraîner dans l’Amour trinitaire.

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Réformer la vie religieuse

Nous entendons souvent des critiques de la vie religieuse, ou des récits de personnes qui en sont sorties traumatisées, abîmées, manipulées. Ce n’est pas, heureusement, la majorité des cas, loin de là. Mais cela arrive quand même trop souvent. Et beaucoup ont encore des réactions d’incompréhension quand quelqu’un sort d’un monastère ou d’une communauté après plusieurs années. C’est que le monde d’aujourd’hui ne nous donne pas facilement tous les éléments pour entrer dans cette voie-là et y vivre une vie équilibrée.

De nombreuses réformes sont en cours, heureusement. Car, nous avons besoin plus que jamais de la vie religieuse, pour que les grâces de Dieu puissent se répandre dans le monde. Ce ne sont pas de vains mots. Dieu a voulu que les états de vie religieux soient des canaux pour répandre ses dons, même si les personnes ne sont pas toutes saintes, et même s’il ne faut pas mettre sur un piédestal ceux qui ont choisi cette voie-là. Dieu a voulu se servir des sacrements. De la même manière, il veut se servir des moines, des religieux, et des contemplatifs en tout genre.

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Demande pour toi un signe

« YHWH parla encore à Achaz en disant : Demande un signe à YHWH ton Dieu, au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus.

Et Achaz dit : Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas YHWH.

Il dit alors : Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du lait caillé et du miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te jettent dans l’épouvante. YHWH fera venir sur toi, sur ton peuple et sur la maison de ton père des jours tels qu’il n’en est pas venu depuis la séparation d’Éphraïm et de Juda (le roi d’Assur). »

Livre d’Isaïe 7, 10-17.

Demander un signe. L’expansion de l’Église et la vie des saints sont ponctuées de signes pour amener les gens à croire. Ce n’est pas que le signe force la liberté, mais il pousse au choix. Il met en présence de Dieu et de son mystère. Et c’est à nous de savoir si nous voulons adhérer à Dieu ou le rejeter, aimer ou refuser son amour. C’est le choix fondamental de toute vie.

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La vie en abondance

Une peinture de Vernet

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. » Jn 7, 38.

Le Christ est ressuscité !

Et le Seigneur Jésus s’approche de nous et nous appelle à lui, car il veut nous donner la vie en abondance. Elle a jailli du tombeau ! Et il veut se servir de nous pour la répandre dans le monde.

Mais qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce donc que cette chose si précieuse que l’on cherche à garder, tout en étant capable de la gaspiller grandement ?

La vie est ce puissant dynamisme qui fait que l’être se déploie dans ses diverses potentialités. C’est une disposition profonde de toute chose pour sa propre réalisation. La vie est encore plus fondamentale que le vouloir ou la vertu. Le vouloir accompagne la vie en l’orientant dans le choix du bien. La vertu est le dynamisme de nos diverses facultés, là où la vie est le dynamisme de l’être. Nous prenons ici la notion de dynamisme dans le sens d’une disposition stable pour se réaliser dans sa finalité.

La vie est analogique, elle admet une multitude de réalisations selon les différents êtres concernés. Il y a la vie du Cosmos qui se laisse voir dans son orientation vers l’avènement du vivant. Il y a la vie des végétaux que l’on caractérise par leur âme qui n’est que matérielle et point spirituelle. Il y a la vie des hommes qui est d’abord spirituelle tout en se déployant aussi dans le monde matériel. Il y a celle des anges qui est purement spirituelle. Et il y a celle de Dieu qui se déploie dans une éternité au-delà de tout temps dans sa plénitude d’être et de spiritualité.

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L’Enfant-Dieu

Francisco de Zurbarán, Une Vierge à l’Enfant

Au cœur de nos vies vient naître l’Enfant-Dieu… C’est le mystère que nous fêtons aujourd’hui à l’Annonciation. Par le oui de Marie, l’Enfant-Dieu a fait irruption au cœur de l’humanité. C’est le mystère que nous fêtons à chaque Noël. Dieu est né à Bethléem, mais il veut surtout naître aujourd’hui dans nos cœurs. Un mystique allemand du 17ème siècle, Angelius Silesisus, disait : « Christ pourrait être né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en ton cœur aujourd’hui, c’est en vain qu’il est né. »

Car c’est un grand mystère : le Dieu très grand, le Très Haut Seigneur, s’est fait petit enfant en Jésus-Christ. Et ce grand Jésus-Christ, qui vient récapituler toute chose en lui, se fait petit enfant dans nos bras, dans nos cœurs, dans nos corps, dans nos âmes. Il vient naître en nous, dans sa chair, dans notre chair.

Quand on regarde le christianisme, toute sa mystique, toute son ascèse, toute sa théologie, tous ses chemins et ses détours, qui nous conduisent vers la perfection divine, il faut faire attention dans nos mouvements de conversion à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le bébé, en l’occurrence, c’est Jésus fait chair. Sans lui, le christianisme, qui est une bonne nouvelle, risque de se transformer très vite en mauvaise nouvelle.

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