Vers la présidence

(mis à jour le 29 mars 2022)

L’année 2022 sera a priori marquée par des élections présidentielles. C’est un sujet sensible en France, qui réveille de nombreuses passions. S’y mêle l’espérance de grands changements, la déception que finalement rien ne change, les débats qui passionnent mais aussi divisent, le désintérêt et le dégoût de cette mise en scène médiatique, et beaucoup d’autres choses. Il s’y rejoue inconsciemment le rêve d’un sauveur qui parle à l’âme de la France, la quête de cet homme messianique que de nombreuses prophéties lui ont prédit (cf. le thème du grand monarque). C’est une manière dévoyée de vivre cette attente, mais c’en est quand même le signe.

Nous voudrions donner ici notre idée sur ce qu’il faut attendre de cette élection, et la méthode pour bien la vivre. Cela ne se veut qu’une petite bafouille sans grandes prétentions.

Dans un premier temps, et plutôt que de chercher tête baissée quel candidat nous plaît le plus et de nous retrouver à comparer leurs défauts et qualités et à nous y perdre sans plus arriver à penser, il convient d’établir les critères de notre choix. Quelles sont les principales qualités que doit posséder le prochain candidat ? Il faut lister les points qui nous semblent capitaux, les ordonner par ordre de priorité, puis seulement ensuite regarder dans quelle mesure l’un ou l’autre candidat répond à ces critères. Il ne faut pas attendre un candidat parfait, mais quelqu’un qui remplit le plus grand nombre des points principaux.

Dans un deuxième temps, après cet exercice scolaire censé affiner notre sens de la politique, nous nous demanderons à qui nous pouvons faire confiance pour avoir un avis éclairé sur la question. Dans un choix aussi complexe que celui-là, la réponse est parfois non pas de la résoudre par nous-mêmes, car nous sommes pour la plupart incompétents, mais de nous demander qui a un jugement suffisamment éclairé pour que nous puissions lui faire confiance et suivre son avis. Nous sommes beaucoup plus compétents pour les choses locales, à notre échelle ou qui correspondent à notre métier ; l’échellon d’un pays est trop grand pour ceux qui n’ont pas eu le temps et le loisir de passer des milliers d’heures à étudier les tenants et aboutissants, et à bien connaître les personnes et les rouages.

Commençons donc par lister les critères de choix qui semblent importants à nos yeux, sans nous soucier pour le moment de qui sont les candidats, même si l’on peut chercher des idées en lisant les différents programmes.

La France est aujourd’hui très divisée et désenchantée, et ne sait plus comment cheminer avec bon sens vers un avenir meilleur. Il est à craindre que sans un sursaut moral et spirituel le prochain président ne pourra au mieux que limiter les dégâts d’une désagrégation en cours. Nous sommes au bord de la crise. Dans le meilleur des cas, il pourra peut-être semer les prémices d’un renouveau, éviter le pire, calmer les tensions et rétablir les liens qui se sont brisés entre les Français, pour retarder mais sans pouvoir empêcher le drame. Quelle posture de président faut-il attendre ? Nous nous référerons pour répondre à notre article Les trois unités. Bien sûr, nous ne sommes pas en Terre Promise où a lieu le renouveau : le mal s’étale chez nous et progresse sans cesse. Sommes-nous dans une logique d’Égypte où le temps est encore celui des compromis ? De fait, nous sommes en Égypte, mais il devient urgent d’en sortir, car la guerre est à nos portes. Alors, c’est qu’il est temps de prendre le chemin du désert pour accueillir le salut que Dieu veut nous donner. Cependant, ce chemin n’est pas d’abord politique, mais moral et spirituel. Alors, comme président, il ne faut pas attendre un sauveur, car le salut vient du Ciel, mais plutôt quelqu’un qui ne soit pas dans la compromission pour stopper le mal, tout en sachant œuvrer encore à consoler et à réconcilier. Quelqu’un qui sache écouter, prendre son bâton de pèlerin pour connaître le pays et les aspirations de chacun, et aider les Français à retrouver le chemin de la convivialité, de la confiance en notre culture et en notre histoire, et de la joie de servir ensemble un projet commun.

La tentation est grande dans la mondialisation de servir les intérêts financiers et non les conditions qui permettent à tous et à chacun de se réaliser, ce que l’on appelle le bien commun. Beaucoup se sentent dépossédés de leur pouvoir et de leur responsabilité par une centralisation excessive et désormais internationale. Le prochain président devra avoir en vue qu’une société tombe dans le totalitarisme quand elle sort d’un modèle organique, cesse de soutenir les corps intermédiaires et la gouvernance partagée. Il devra se souvenir de la demande de beaucoup de pouvoir voter les lois, ou de mettre leur veto, par des référendum comme en Suisse. Il devra redonner à la France et aux Français leur liberté politique selon le principe de la subsidiarité.

Le prochain président doit avoir le sens de la famille. Avoir fondé une famille selon le modèle de la mono-hétérogamie où les enfants viennent nous transformer permet d’acquérir le bon sens et l’équilibre nécessaire à un bon dirigeant. La différence des sexes permet de mieux accueillir l’altérité et la divergence de point de vue. Enfanter et éduquer donnent aussi le soucis des générations futures qui n’est malheureusement pas inné chez tout le monde.

Le prochain président devra mettre un coup d’arrêt aux avancées transhumanistes de plus en plus permissives : transgenre, chimères homme-animal, allongement de l’avortement, GPA, PMA sans père, etc. On ne peut servir l’homme en détruisant ainsi ce qui fonde notre humanité.

Le prochain président devra avoir le soucis de la ruralité. De fait, un pays ne peut garder son bon sens, sa résilience et son dynamisme que si les campagnes sont vivantes et habitées. Il devra aussi redonner son blason de noblesse au travail manuel, à l’agriculture et à l’artisanat, et avoir le soucis d’une écologie de la sobriété. Les grandes villes et les techniques modernes risquent de nous faire perdre pied avec la réalité, et nous mènent à la démesure. Un contre-poids est nécessaire. C’est la mesure incontournable pour une véritable écologie, et sans laquelle toute autre prétention écologique nous semble être du vent.

Le prochain président devra aimer la France, sa langue, sa culture et son histoire vieille de 1500 ans, pour que chacun se sente bien dans notre beau pays, et cherche à continuer à l’embellir. D’immenses trésors artistiques, littéraires et philosophiques ne peuvent qu’enchanter nos vies et nous aider à mieux cheminer s’ils sont aimés et partagés, et s’ils habitent nos cœurs. Il devra aussi se souvenir que le christianisme est intrinsèquement lié à l’histoire de France et que la grande partie des valeurs que nous chérissons ont trouvé leur vitalité dans cette religion. Il devra avoir une bienveillance envers le christianisme. Si l’on brime cette religion, si on la fait disparaître, ou si on la remplace par une autre religion dont aucune n’est équivalente, ce sont toutes les bonnes valeurs de notre pays qui risquent de s’effondrer. Il devra le reconnaître et éviter les amalgames entre les religions dans le traitement des maux qui viennent de certaines d’entre elles.

Pour susciter l’engagement et le sentiment de participer à une œuvre commune, ainsi que pour permettre un brassage des populations, le prochain président devra restaurer un service civique ou militaire. Servir le bien du pays avec des personnes de tout horizon permet de grandir en vertu, d’apprendre à œuvrer pour le bien commun et de nouer des amitiés qui servent de ciment à la société.

Le prochain président devra reconnaître que les mesures sanitaires et les déchaînements médiatiques à ce sujet ont été plus qu’excessives, ont abîmé le pays, et qu’il convient de réparer les dégâts (isolement, peur de la mort, etc). Il devra redonner la liberté aux médecins : lors de la crise dite sanitaire les choix médicaux ont été confisqués, retirés aux médecins et politisés dans une médecine d’État. Il devra sortir de la pensée unique, rouvrir le débat, et arrêter la censure à ce sujet. Il devra reconnaître que l’on ne peut obliger les personnes à recevoir des injections expérimentales sans leur consentement éclairé, et que l’on ne peut restreindre les droits des citoyens par les systèmes de passe sanitaire ou vaccinal qui créent deux types de citoyenneté. (À ce sujet, nous encourageons à rejoindre la « marche fantastique » qui cherche à revenir les pieds sur terre, à tisser du lien, et à aller vers un monde plus enchanté : https://marchefantastique.fr/. Et nous invitons tout un chacun à prendre le temps d’écouter le débat contradictoire : https://reinfocovid.fr/, https://www.francesoir.fr/, https://lepointcritique.fr/)

Le prochain président devra redonner aux parents leur liberté d’éducation par l’école à la maison ou les établissements privés. Certains d’entre eux, en particulier du fait de l’Islam, posent problème. Il faut le reconnaître et y remédier, mais sans porter atteinte à tous les autres.

Enfin, le prochain président devra voir que l’on avance en eau trouble, que des conflits peuvent facilement surgir dans notre pays ou à l’extérieur. Il devra s’y préparer, sans alarmisme, mais sans hésitation. On ne peut laisser proliférer des zones de non droits sur notre territoire (esclavagisme dans des ateliers clandestins, quartiers où la police ne peut plus aller, etc). Par ailleurs, les échanges internationaux peuvent facilement être mis à mal, notre survie ne doit pas en dépendre. Il devra aussi se rendre compte que les institutions internationales actuelles ne peuvent remplacer notre propre souveraineté, et que le risque est grand d’aller dans un mur si l’on remet notre responsabilité à ces structures où l’on sait de moins en moins qui décide, avec quelle intention, et où le principe de subsidiarité est de moins en moins respecté.

Voici donc des principes qui nous semblent importants pour aider à discerner le bon candidat pour la France d’aujourd’hui. Il nous reste à trouver qui se rapproche le plus de tous ces points ou qui a reçu le soutien de personnes en qui nous avons confiance.

Dans l’immédiat, après avoir regardé le panel des candidats, il nous semble que Nicolas Dupont-Aignan remplisse beaucoup de nos critères. Jean Lassalle encore plus, et il nous interpelle par son enracinement de berger et par la longue marche qu’il a entrepris à travers la France. Quant à Eric Zemmour, nous avons une certaine confiance dans le soutien qu’il a reçu de Philippe de Villiers et Jean-Frédéric Poisson qui ont une longue expérience, et bien sûr une source bien plus fiable pour notre discernement que la caricature que nous en donnent les médias. Il a aussi le soutien du Mouvement Conservateur (autrefois appelé Sens Commun) et à qui nous avons souvent fait confiance.

Aujourd’hui, alors que l’on détruit tout à coup de bull-dozer, il est de bon ton d’être conservateur pour sauver ce qui peut l’être. Dans un autre monde où tout serait complètement figé et verrouillé, il en serait autrement et il faudrait sûrement affiché un certain attachement au progrès. Mais ce n’est pas le cas de notre monde.

Et pourquoi ne pas voter écolo, nous qui avons une fibre pour l’écologie de la sobriété ? Eh bien, parce que nous sommes déçus par l’écologie politique. Un véritable écolo doit penser d’abord au niveau local et réclamer le droit de cultiver son bout de terrain. Cela demande donc d’être souverainiste et de mettre en avant la subsidiarité. Un véritable écolo doit s’offusquer quand l’on détruit tout à coup de bull-dozer : il doit donc être conservateur. Un véritable écolo doit savoir qu’une plante ne pousse bien qu’en puisant dans ses racines et en respectant le temps long : il doit donc cultiver et chercher tout ce qu’il y a de bon dans l’histoire pluri-millénaire de notre pays et de notre civilisation ; il doit recevoir et transmettre, patiemment. Or nous constatons que l’écologie politique ne brille pas par l’attachement à ces valeurs, ce serait plutôt le contraire. Elle semble utiliser l’écologie comme prétexte pour faire disparaître ces fondements essentiels.

Quant à Mélanchon, même s’il se positionne contre le mondialisme et enrobe son programme de choses intéressantes, c’est encore une course en avant idéologique qui continue à détruire ce qui fonde notre humanité. Même si cela ne s’exerce pas sur les mêmes sujets que Macron, c’est encore le même fond destructeur.

Un point est sûr, face au virus « ô Macron », l’antidote, c’est l’antivote. Rien ne serait pire qu’un nouveau quinquennat avec ce traître à gouverner notre pays. Le mot peut sembler fort, mais malheureusement, ce n’est qu’un constat amer. Un autre point est certain : dans tous les cas, il y aura de l’orage. Celui qui annonce l’orage n’est pas la cause de l’orage, mais si on l’écoute, cela permet de prendre les bonnes mesures pour éviter le pire.

Alors qui choisir ?

La voie que nous avons évoqué de faire confiance aux jugements de certaines personnes de confiance nous porterait plutôt vers Éric Zemmour. Mais le problème avec lui, c’est qu’il ne respecte pas notre premier critère et se positionne trop comme sauveur et comme polémiste. Nous ne croyons pas à un salut pour la France venant de la politique. Il faut d’abord un renouveau spirituel et moral, et ensuite nous aurons un renouveau politique. C’est là où nous voulons en venir : nous ne donnons pas deux ans à notre pays pour sombrer si le cœur des Français ne changent pas. Et là, les élections n’y changeront rien. J’ai même bien peur que si Éric Zemmour est élu, ce qui est fort possible, cela ne ferait que précipiter le chaos ; peut-être même avant son installation à l’Élysée. Et j’ai bien peur aussi que le gouvernement actuel ne fasse rien pour éviter ou arrêter ce drame. Il ne restera alors plus qu’à compter sur le courage de ceux qui oseront prendre leurs responsabilités en ce moment d’angoisse où ce ne sera plus une question d’heures mais de minutes. Et le Ciel a promis que si la réponse est ferme, la paix reviendra aussi vite qu’on l’a perdue. Il faut veiller.

Alors, je crois que mon vote ira pour Jean Lassalle. Quoi de mieux qu’un berger qui n’a pas peur de marcher sur les chemins pour conduire la France en ces temps troublés ? Quoi de mieux que de revenir au sens de la ruralité pour retrouver une bonne bouffée d’oxygène ? Il ne semble pas en tête des sondages, mais nous pouvons avoir des surprises inattendues. Et nous pensons que, s’il est élu, un sursis d’au moins deux ans nous permettra d’amorcer un réel changement nécessaire avant des épreuves plus difficiles.

Ajoutons pour finir que le plus important, pour un chrétien comme nous, est de prier et de confier cela au Seigneur Jésus, à la Vierge Marie et à saint Joseph. Ils savent mieux que nous ce dont nous avons besoin, et les chemins qu’ils veulent nous voir emprunter, passerait-il par la Croix. Pour le Seigneur Dieu, tout est possible, même de nous sortir de nos impasses, et de nous relever alors que tout semble perdu. Et même d’influencer le résultat des élections au moment voulu.

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