Vers l’aurore

Abraham et Sarah au Chêne de Mambré avec les trois hommes de Dieu

Après la naissance de l’Enfant-Dieu, c’est la nouvelle année ! Nous profitons des grâces de Noël pour écrire un ou deux articles sur ce que l’on peut attendre du temps à venir. Comme nous le disions dans notre article Le jeûne et la prière, nous ne souhaitons par écrire outre mesure ici durant les prochains mois pour mieux vivre l’orage qui s’annonce. Mais en ce temps de l’Épiphanie, où se manifeste la gloire du Dieu fait chair, il est bon de manifester aussi ici notre espérance. Nous sommes un peu comme Abraham et Sarah au Chêne de Mambré (Gn 18) : stériles, Dieu nous promet une fécondité. Nous serions tentés de rire et d’être incrédules. Pourtant, Dieu réalise toujours ses promesses.

Notre espérance est d’arriver bientôt à un grand renouveau pour la France. Nous vivons les douleurs d’un enfantement qui rejaillit dans le monde entier. Et la France, Fille Aînée de l’Église, doit être la première à accueillir l’étincelle divine qui doit embraser le monde. De multiples prophéties circulent à ce sujet, anciennes ou contemporaines, et venues de tous les continents (Marcel Van, etc). Et ce jusque dans des milieux protestants qui passant outre leur inimité envers les catholiques attendent cette étincelle des catholiques de France. Pour cela, il faut vraiment que l’Esprit-Saint soit à l’œuvre !

Ce qui doit se passer, c’est la manifestation des petits apôtres de l’amour qui donnent guérison et consolation, instaurent par des signes messianiques le Règne du Sacré-Cœur de Jésus, du Cœur Immaculé de Marie et du Cœur Glorieux de Joseph, et fassent advenir la Civilisation de l’Amour. Venant dans l’obscurité du monde moderne pour le sortir de son effondrement, ils seront les saints que le monde attend, les témoins de la lumière de Dieu et les piliers indestructibles du monde de demain.

Certains ont comparé le chemin de la chrétienté, et de la France en particulier, à celui des demeures de l’âme humaine tel que décrit par l’école carmélitaine. Par le baptême de Clovis et des Francs, la France est entrée dans les premières demeures où l’on quitte le péché mortel, le paganisme, et où l’on commence à s’attacher au Seigneur Jésus, comme ce fut le cas dans le Royaume des Francs. Puis, les deuxièmes demeures permettent dans la difficulté d’enraciner certaines vertus pour être le bon chrétien des troisièmes demeures. C’est là tout le chemin de la France à travers l’empire carolingien et le Royaume de France, jusqu’à ce magnifique XIIIème siècle de saint Louis. Suite à cela, l’entrée dans les quatrièmes demeures où l’on se plonge davantage dans la vie contemplative provoque la nuit des sens où l’on perd ses repères sensibles. C’est là la France des siècles suivants marquée par la guerre de Cent Ans, par les guerres de religions, par la peste et d’autres tourments. Cela conduit aux cinquièmes demeures où ont lieu les fiançailles spirituelles : Dieu y donne sa promesse des épousailles. C’est en France le Grand Siècle du XVIIème, avec l’école française de spiritualité et la dévotion au Sacré-Cœur venue entre autre des apparitions de Paray-le-Monial. Puis viennent les sixièmes demeures et la nuit de l’esprit, où fort de cette promesse, l’on perd ses repères intellectuelles et spirituelles pour ne plus vivre que du Dieu de Jésus-Christ qui vient nous refaire en profondeur. C’est là les grands bouleversements de société que connaîtra la France à partir du XVIIIème siècle. Et cela mène aux septièmes demeures où l’on connaît le mariage spirituel et l’union transformante qui fait de nous un apôtre de feu. Les prémices de cela furent donner au XIXème siècle où un fort élan missionnaire jaillit de France, et où Dieu donna de grands saints tels sainte Thérèse de Lisieux et Charles de Foucauld. Mais le mariage ainsi scellé doit être consommé par le passage à Gethsémani et à la Croix à la suite du Seigneur. Ce fut l’histoire du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, où dans la déréliction, nous sommes dans l’attente de la Résurrection qui doit venir contre toute espérance.

Le renouveau de la France est certain, car Dieu lui-même l’a annoncé et préparé. Il permettra de renouveler ce monde en quête de sagesse et d’unité. Il se fera en remettant chaque réalité à sa place dans l’harmonie de l’ensemble, ce qui permet à chacun d’être libre. À ce sujet, les affaires ecclésiales récentes demandent de bien définir les limites des diverses autorités.

Une autorité permet la croissance et le déploiement de vie. C’est comme le tuteur d’un arbre. Son rôle est de permettre à l’autre d’acquérir ce qu’il n’aurait pas pu avoir par lui-même. Et dans l’autorité humaine cela a pour but de rendre les autres des égaux à soi-même : du moins pour le groupe de personnes qui ont la possibilité et le loisir de se laisser enseigner. Une autorité en histoire me permet de savoir des faits sur une époque dont je n’ai pas le loisir de fouiller les archives. Et si je le souhaite, je peux me mettre à son école pour devenir moi-même un maître en la matière. L’autorité des parents sur les enfants est là pour leur faire acquérir les rudiments nécessaires à la vie humaine, former leur conscience, et les faire devenir pleinement adulte, à moins qu’il n’y ait un accident de parcours. Il existe de multiples autorités en de multiples domaines pour que chacun puisse mener convenablement sa vie dans une humanité où nous sommes dépendants les uns des autres pour pouvoir vivre chacun toutes nos potentialités. Il y a là un mystère d’amour.

Le drame et le malheur vient souvent du fait qu’une autorité s’est accaparée des domaines qui auraient dû revenir à d’autres autorités. Et aussi du fait qu’une autorité refuse de considérer les personnes sur qui s’exercent son autorité comme des égaux à soi-même, du moins potentiellement, c’est-à-dire comme capables d’avancer sur un chemin où ces personnes deviennent pleinement égaux.

Le seul qui exerce une autorité pleine et entière est Dieu. Les anges exercent aussi une autorité qui nous dépassera toujours : mais ils sont en fait au service du Christ qui vient habiter en chacun de nous. Ils sont au service de chacune des autorités que nous exerçons. Marie et Joseph ont pour toujours une autorité sur tous les enfants du Royaume, car ils ont accueilli l’Enfant-Jésus chez eux, dans leur maison, et lui ont permis de grandir : ils le font donc grandir en nous. Mais hormis cela, dans l’humanité, même si chacun a son rôle propre chacun son tour pour exercer une autorité, il ne faut pas voir fondamentalement de grandes différences quant à notre destinée. L’éducation progressive de chacun doit nous conduire à savoir à quelle autorité nous devons faire confiance pour telle ou telle question. Vouloir obéir à l’Esprit-Saint passe par ces autorités, qu’elles soient faillibles ou infaillibles, mais c’est d’abord la conscience qui doit reconnaître où l’Esprit-Saint s’exprime, à qui faire confiance et dans quelle mesure. Il ne faut jamais laisser de côté notre discernement en la matière, et toujours être prêt à reprendre notre confiance.

Toute autorité humaine, qu’elle soit temporelle ou spirituelle, a des limites qu’il convient de connaître pour éviter de graves problèmes. Par exemple, l’autorité pontificale est à suivre dans le domaine dogmatique, car l’Esprit-Saint l’assiste en la matière d’une manière infaillible. Jésus a dit : « [Pierre], j’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas. » (Lc 22, 32). Cela pose le cadre de l’obéissance à cette autorité. La conscience sait que la vérité sortira au sujet des dogmes du vicaire de Pierre. Mais au-delà, cette autorité est faillible. Alors elle n’est pas à suivre d’une manière absolue dans les vérités qu’elle énonce d’une manière non dogmatique ; mais il convient d’avoir un assentiment filial où l’on ne remet les énoncés en cause que si l’on a de bonnes raisons de le faire, et bien sûr uniquement si cela ne porte pas atteinte à un dogme indirectement. Le pape n’a bien sûr pas d’infaillibilité morale et pastorale. La tradition latine a donné une grande autorité au pape sur l’Église universelle, et cela a porté un certain fruit. Ce serait là le gage de l’unité et de la communion. Mais le pape peut se tromper, ou être pécheur. Et l’on se retrouve parfois à devoir obéir à des ordres qui ne viennent visiblement pas de Dieu. S’ils allaient contre la foi ou les mœurs, nous n’aurions pas à obéir. Mais si cela rentre dans le domaine d’autorité du pape, une posture traditionnelle dit qu’il vaut mieux obéir comme le Christ qui se laisse mener à la Croix, et laisser à Dieu le soin de faire advenir son projet à sa manière. Cela pose certaines questions qui semblent encore irrésolues, car du fait de sa faillibilité le pape ne peut pas être le garant ultime de l’unité et de la communion : il l’est dogmatiquement, mais pas selon la charité. La troisième blancheur de Don Bosco est d’abord l’infaillibilité pontificale d’un point de vue dogmatique.

Le garant ultime de l’unité et de la communion semble plutôt être la Vierge Marie, ou l’apôtre saint Jean. Il y a peut-être quelque chose de non explicitée quant à cette question. Certains vont dire qu’il faut suivre la sainteté plutôt qu’un pape pécheur : c’est une posture difficilement tenable à nos yeux. Une intuition intéressante serait plutôt que le Saint-Père n’est à suivre pastoralement (et donc juridiquement) d’une manière certaine que quand il agit en communion avec le partriarche (orthodoxe) de Constantinople. La Vierge Marie et saint Jean ont habité à Éphèse sur le territoire de ce patriarcat qui a la primauté dans l’Église d’Orient et qui fut fondé par André le frère de Pierre et le premier à avoir été appelé par le Seigneur. Cela ferait que le fondement de l’unité et de la communion serait la communion des Églises d’Orient et d’Occident : la communion reposerait sur la communion. Il serait ainsi légitime au nom de la charité, du bien de l’Église et du bien des âmes de s’attacher à un évêque qui s’oppose au Saint-Père sur des questions où le pape et le patriarche ne sont pas d’accord. Nous aurions là deux témoins que Dieu nous donne (Ap 11, 3) qui semblent bibliquement nécessaires pour discerner la vérité. Le douloureux Grand Schisme montre que les traditions latines et byzantines n’ont pas su s’accueillir dans leurs différences réciproques et garder le lien de la charité. Comme le disait Jean-Paul II, l’Église a deux poumons, et c’est avec deux poumons qu’il convient de gouverner. Du coup, il faut être très prudent avant d’absolutiser des règles auxquelles l’un ou l’autre n’adhère pas. Comme le disait le cardinal Newman : avant de porter un toast au Saint-Père, j’en porterai un à la conscience.

Par ailleurs, le pape n’a pas sur nous d’autorité temporelle : il peut rappeler les principes moraux, mais ne peut pas se prévaloir de son autorité pour nous influencer dans leur application concrète, sauf pour s’opposer à des choses intrinsèquement perverses (qui violent directement les principes non négociables). Par exemple, l’usage ou le non usage des vaccins est une application concrète qui ne relève donc pas de son autorité : ce n’est pas à lui de dire quel traitement doit être préconisé face à une maladie. Cependant, ces traitements peuvent éventuellement violer des principes non négociables si leur élaboration n’est pas moral (comme l’utilisation d’embryons avortés), ou si leur effet immédiat est de dénaturer l’humanité. Il peut donc dire que certains vaccins ne peuvent pas être utilisés, mais certainement pas dire qu’ils doivent l’être. Notons à ce sujet que l’histoire montre que la papauté s’est souvent lourdement trompée lorsqu’elle est sortie de son rôle d’autorité spirituelle pour s’avancer sur le terrain temporel qui n’est pas le sien (au-delà du rappel des principes non négociables et de la condamnation des choses intrinsèquement perverses). Cela laisse à penser qu’une permission divine particulière la fait en général se tromper lamentablement pour lui rappeler de rester à sa place ; et ce même si elle semble se prévaloir d’une forte puissance humaine de connaissance du monde.

Dans une communauté religieuse, l’on distingue ordinairement la direction spirituelle, le confesseur, le gouvernement de la communauté et le référent théologique. Les deux premiers doivent nécessairement être séparés du troisième, à savoir du supérieur de la communauté. Et les constitutions des communautés définissent le cadre de l’obéissance au supérieur ; par ailleurs, ajoutons que cette obéissance ne peut jamais aller contre la foi et les mœurs. C’est un long travail, par un long chemin de maturation, qui doit conduire depuis notre obéissance dans le for externe à ce que l’Esprit-Saint travaille dans le for interne. Quelqu’un qui n’a pas fait de vœux religieux n’a pas bien sûr à suivre cette voie de l’obéissance à un supérieur. L’Esprit-Saint va travailler en lui par sa fidélité à son devoir d’état et à sa vocation. Il n’a pas non plus à obéir à un prêtre ou à un évêque, si ce n’est pour ce qui touche à la vie ecclésiale : sacrements, et conditions des liens avec l’Église. L’on ne peut s’estimer être pleinement dans l’Église sans chercher à maintenir un lien avec un pasteur successeur des apôtres et en communion avec l’évêque de Rome (sur les points où celui-ci a autorité, cf. plus haut). Quant aux opinions théologiques, chaque fidèle doit d’abord suivre l’avis de l’Église. Mais, si des raisons conséquentes nous poussent à les remettre en question, chacun est libre de penser ce qu’il veut dans la mesure où cela ne s’oppose à aucun dogme. En Église, et même en religion, il n’y a pas de pensée unique. Par contre, des supérieurs ou des évêques peuvent demander à l’un ou l’autre de leurs fidèles de ne plus parler publiquement sur certains sujets et de ne plus propager certaines opinions théologiques qu’ils jugent dangereuses. Mais ils ne peuvent leur demander de penser, ni même de dire que ces opinions non dogmatiques sont fausses. Un fidèle a également toujours le droit de se détacher d’un évêque pour se rapprocher d’un autre évêque : cela peut juste demander de déménager ou de rejoindre un diocèse d’une autre juridiction.

Ces remarques ne sont pas anodines, car la confusion règne. Et les petits apôtres de l’amour vont avoir fort à faire pour témoigner de la lumière de Dieu face à un monde où certains ne veulent pas entendre parler de Dieu, et d’autres ne veulent pas être remis en question dans ce qu’ils pensent savoir de Dieu. Le lumière de Dieu va briller tel un éclair dans la nuit. Il va falloir se mettre en chemin, et ne pas passer à côté du salut que Dieu nous donne.

Cela nous amène au dernier point dont nous voulions parler : celui de la certitude et de la faillibilité du jugement de vérité. La certitude est un acte de l’intelligence qui reconnaît l’adéquation de la pensée avec la réalité. Ce n’est plus une opinion ni un doute, c’est une certitude. Cet acte se fonde sur la perception du réel et sur le sentiment de l’adéquation. Cet acte se sert donc de la raison et du sentiment spirituel. Mais là où le bât blesse, c’est que l’on peut percevoir une adéquation dans une vérité mêlée à des choses fausses. Toute erreur involontaire de jugement vient de cette adéquation perçue dans une partie du jugement. Toute certitude n’est pas infaillible. Il convient donc de s’ouvrir de plus en plus aux êtres, aux autres, à la réalités, à ce qui a été dit, pour confronter nos jugements et grandir en certitude. Seul Dieu rend infaillible (dogmes, etc) en agissant dans notre conscience humaine qui reconnaît les lieux où Il nous parle. Quelqu’un qui suit le chemin de s’ouvrir de plus en plus aux autres, au monde et à Dieu par sa Révélation, en faisant le travail de discerner le vrai du faux, ne doit pas craindre que même s’il se trompe la vérité finira par triompher en lui. Et il vient un moment où notre cœur est tellement ouvert sur certains sujets qu’il semble que seule une parole infaillible de Dieu (dogmatique ou au jugement dernier) peut nous faire admettre que nous nous soyons trompés.

Ainsi, le secret de la certitude, et donc de la sagesse, est la communion. Plus la communion grandit, plus la certitude grandit. Et ce jusqu’à devenir infaillible quand notre cœur est ouvert à tout le mystère du monde et de Dieu.

Le chemin qui va bientôt s’ouvrir devant nous quand Dieu agira par ses petits apôtres de l’amour sera un chemin de communion les uns avec les autres, avec tout le cosmos, et finalement avec les anges et Dieu. Nous trouverons alors dans cette union des cœurs la sagesse qui nous sortira du relativisme au travers du débat, et la convivialité qui nous délivrera du chacun pour soi en nous rendant attentif à notre prochain. Ce sera un amour incarné qui comme la Croix sera à la fois vertical et horizontal. Ce sera une Pentecôte d’Amour qui se répandra tel un feu.

Pour arriver jusque là, nous vous invitons à rejoindre le pèlerinage de la grande Croix qui veut dessiner sur la France une Croix avec le Saint-Sacrement : https://jesus-t-aime.fr/, contact@jesus-t-aime.fr

Et en attendant le Printemps qui nous est promis, nous vous souhaitons de garder le goût joyeux des fêtes de Noël pour traverser le désert, vivre une belle Pâques, et arriver à la Résurrection et au don de l’Esprit-Saint qui doit renouveler le monde.

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