Du droit de mort au pouvoir sur la vie

ou

penser la crise sanitaire avec Michel Foucault

On trouve dans l’œuvre de Michel Foucault certaines vues qui peuvent nous permettre de penser le caractère tout à la fois imprévisible et fatal de la crise sanitaire. Pour cela il faut considérer les racines de l’événement dans le temps long. En 1976, dans l’Histoire de la sexualité, Foucault met en lumière la rupture profonde qui s’est opérée à la fin de l’âge classique dans le rapport du pouvoir souverain aux individus. Cette rupture ne s’est pas faite d’un coup : elle s’étend sur plus d’un siècle, mais ses répercussions à long terme constituent une lame de fond dont nous subissons aujourd’hui les conséquences.

De quelle rupture s’agit-il ? Pour le dire en une phrase, nous serions passés d’un « droit de mort » du Souverain sur ses sujets à un « pouvoir sur la vie » de l’État sur les individus. Dans l’Ancien Régime, le pouvoir souverain, s’il était absolu – à tout le moins, comme s’accordent à le penser les historiens, celui de Louis XIV – s’exerçait sur les sujets pour ainsi dire de l’extérieur et de manière relative dans la mesure où le Souverain ne faisait jouer son droit sur la vie que par la peine de mort, mesure extrême et ponctuelle. Pouvoir non sur la vie elle-même, mais sur la limite de la vie que constitue la mort. Le roi avait donc le droit de faire mourir ou de laisser vivre, c’est-à-dire de faire grâce (prérogative « royale » que le président Mitterrand fut le dernier à exercer avant que la peine de mort fût abolie).

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Vers la présidence

(mis à jour le 29 mars 2022)

L’année 2022 sera a priori marquée par des élections présidentielles. C’est un sujet sensible en France, qui réveille de nombreuses passions. S’y mêle l’espérance de grands changements, la déception que finalement rien ne change, les débats qui passionnent mais aussi divisent, le désintérêt et le dégoût de cette mise en scène médiatique, et beaucoup d’autres choses. Il s’y rejoue inconsciemment le rêve d’un sauveur qui parle à l’âme de la France, la quête de cet homme messianique que de nombreuses prophéties lui ont prédit (cf. le thème du grand monarque). C’est une manière dévoyée de vivre cette attente, mais c’en est quand même le signe.

Nous voudrions donner ici notre idée sur ce qu’il faut attendre de cette élection, et la méthode pour bien la vivre. Cela ne se veut qu’une petite bafouille sans grandes prétentions.

Dans un premier temps, et plutôt que de chercher tête baissée quel candidat nous plaît le plus et de nous retrouver à comparer leurs défauts et qualités et à nous y perdre sans plus arriver à penser, il convient d’établir les critères de notre choix. Quelles sont les principales qualités que doit posséder le prochain candidat ? Il faut lister les points qui nous semblent capitaux, les ordonner par ordre de priorité, puis seulement ensuite regarder dans quelle mesure l’un ou l’autre candidat répond à ces critères. Il ne faut pas attendre un candidat parfait, mais quelqu’un qui remplit le plus grand nombre des points principaux.

Dans un deuxième temps, après cet exercice scolaire censé affiner notre sens de la politique, nous nous demanderons à qui nous pouvons faire confiance pour avoir un avis éclairé sur la question. Dans un choix aussi complexe que celui-là, la réponse est parfois non pas de la résoudre par nous-mêmes, car nous sommes pour la plupart incompétents, mais de nous demander qui a un jugement suffisamment éclairé pour que nous puissions lui faire confiance et suivre son avis. Nous sommes beaucoup plus compétents pour les choses locales, à notre échelle ou qui correspondent à notre métier ; l’échellon d’un pays est trop grand pour ceux qui n’ont pas eu le temps et le loisir de passer des milliers d’heures à étudier les tenants et aboutissants, et à bien connaître les personnes et les rouages.

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Au nom de l’écologie

Dans son livre Le monde d’après, Philippe de Villiers déplore que les élites internationales aient utilisé la crise du Covid, rendue inévitable du fait de la mondialisation, pour accroître leur pouvoir dans un plan mûri de longue date. Et il affirme que l’étape d’après pour ces barons modernes, qu’il appelle les khmers verts, est d’utiliser la même rhétorique et les mêmes moyens au nom de l’écologie. Le pass sanitaire devenant un pass vert… Sauver la planète nécessitant tous les sacrifices.

La crise du Covid passera. Aujourd’hui, nous sommes dedans, et cela semble sans fin. L’année s’annonce difficile, car la division s’installe ; et la privation de liberté guette ceux qui ne veulent pas obéir béatement aux injonctions d’une élite aux intentions douteuses. Cependant, le virus peut bien disparaître, dès maintenant ou peut-être après un ou deux derniers soubresauts. Certains diront que cela vient de la vaccination. D’autres que le virus suit simplement le cours de son existence, et que la nature est bien faite. D’autres encore que la guérison est venue d’en-haut : des anges et de Dieu. La grande faucheuse faisant ensuite son œuvre, certains ouvriront peut-être les yeux quant à la réalité de ces étranges injections.

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France, Covid et Communion

La Covid porte bien son nom. C’est la coalition du vide, du néant, de l’abîme. Non pas le virus en tant que telle, mais tout ce que l’on fait autour. C’est l’occasion d’abîmer encore davantage la communion dans l’humanité.

Sur la crise sanitaire, nous partageons l’analyse du collectif Réinfo Covid (reinfocovid.fr). Nous sommes inquiets des mesures sanitaires qui ont été prises et qui délitent toujours davantage le lien social, ainsi que l’équilibre et la santé des gens. Nous sommes en train de nous préparer des lendemains qui déchantent. Quant on sait qu’avant la crise sanitaire un français sur huit était considéré comme isolé par les enquêtes de le Fondation de France, et qu’un sur trois risquait de le devenir s’il perdait un lieu de sociabilité, il y a de quoi être inquiets. L’isolement est perçu par beaucoup, comme par exemple le reine d’Angleterre, ou comme Mère Teresa en son temps, comme le premier fléau du siècle. Or, nos mesures abîment encore davantage notre capacité à entrer en relation. Ne sommes-nous pas en train de nous tromper de combat ?

Sur le vaccin, les conséquences néfastes sont trop imprévisibles pour l’accepter sans broncher, et pour laisser toute une population, fut-elle âgée, servir de cobaye. Pourquoi nous sortent-t-ils une nouvelle technologie très novatrice sur un vaccin à grande échelle, au lieu de l’éprouver d’abord à petite échelle ? Il en sortira plus de mal que de bien. D’autant que les spécialistes disent ouvertement que l’on ne sait même pas s’il empêchera le virus de circuler : c’est un comble. Ne pas se faire vacciner, telle est selon nous l’unique règle de conduite à tenir. Et miser plutôt sur des traitements comme l’ivermectine qui existent, et qui fonctionnent chez ceux qui les utilisent. Pour eux, il a été étrangement décidé qu’on ne les utiliserait pas car cela pourrait donner de faux espoirs au gens, alors que donner de faux espoirs sans savoir si cela va vraiment marcher est déjà ce que l’on fait avec les vaccins.

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Liberté de conscience

Selon l’Évangile, le plus grand des commandements, celui qui résume tous les autres, c’est celui de la charité : aimer Dieu et aimer son prochain, de l’amour même de Dieu (Mt 22, 37-40). Mais comme on aime à le dire : l’amour se fait dans la vérité. Il faut aimer en vérité. L’erreur produit le désordre et le malheur… La vérité permet à la vie de s’épanouir. Elle permet à des amis et à des amants de cheminer ensemble dans une union de cœur. La vérité se reconnaît progressivement dans la conscience qui juge de chaque chose, et permet de choisir le vrai bien. C’est un chemin que l’on emprunte durant toute sa vie : il est fait d’erreurs et de réussites, de déceptions et de grandes joies.

Au sujet de la vérité, Jean-Paul II nous a rappelé dans Veritatis splendor qu’il y a deux impératifs moraux fondamentaux : celui de chercher la vérité, et celui de la choisir une fois trouvée. Ces deux impératifs vont ensembles. Ils fondent la liberté de conscience. Nul ne doit être embêté dans ses choix de conscience, s’il garde vif son désir de quête de la vérité. Mais on ne peut invoquer la liberté de conscience si l’on ne cherche plus la vérité, si l’on se façonne une vérité selon ses envies. C’est là qu’il faut remarquer que notre conscience n’est pas un absolu auto-référencé : elle doit être en relation avec Dieu, avec la Vérité, avec le Bien. Et dans cette relation, elle doit chercher à s’ajuster pour correspondre de plus en plus à ce Vrai Bien qui la dépasse. Et le Vrai Bien est Beau et Bon : il nous fait entrer dans un dynamisme de vie réjouissant.

Mais il y a une autre erreur qui peut nous conduire dans l’impasse. C’est celle de penser que ce travail de la conscience, de chercher la vérité et d’y adhérer une fois trouvée, se fait dans la solitude de notre conscience absolument seule en elle-même ou devant Dieu. Ce fut l’entreprise, par exemple, de Descartes. Il espérait trouver dans sa conscience seule une certitude absolue. Cela peut sous certaines réserves fonctionner dans certains domaines, comme les mathématiques. Mais, en général, cela ne peut conduire inévitablement qu’à l’erreur, et à se créer sa propre vérité. C’est finalement un relativisme qui se fonde non pas sur le rejet d’une vérité objective, mais sur la croyance que nos facultés personnelles sont capables d’émettre par elle-même un jugement certain. Et alors, cela conduit à avoir chacun sa propre vérité.

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Holacratie

Aujourd’hui, une grande incertitude règne sur l’avenir. Beaucoup présagent de grands bouleversements qui mèneront à un changement de civilisation. Nous prônons pour notre part un changement de posture existentielle et spirituelle, plus ouvert au mystère de la vie et de l’amour. Notre monde se meurt parce que l’on ne veut pas servir la vie et l’amour, parce que l’on ne fait pas de ce service un projet de société. Pour nous, ce mystère s’est manifesté en plénitude dans le mystère chrétien, mais tous peuvent déjà en percevoir quelque chose.

D’un point de vue politique, il semblerait que nous touchons à la fin d’une utopie qui consistait à croire que le modèle politique occidental allait nous garder dans un monde de liberté et de sécurité. La crise du Covid a fait voler en éclat les dernières digues qui retenaient la mise en place d’une société où la vie privée est grandement contrôlée et où des libertés élémentaires sont retirées aux citoyens. La loi a pris le dessus sur le bon sens et sur le jugement du bien véritable d’une situation. La politique a sombré dans des raisonnements fallacieux et des mensonges orchestrés. Au profit de qui ou dans quel but ? Cela n’a pas grande importance. Ce qu’il faut noter, c’est que quand un gouvernement en arrive là, c’est qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Que la population lui retire sa confiance et refuse de coopérer, alors il s’effondrera. Reste à savoir ce qu’il y aura après.

Pour notre part, du fait de la quête croissante d’un nouveau paradigme plus équilibré, moins clivant, plus pragmatique et plus sage, nous croyons que va ressurgir le vieux principe de philosophie politique qui dit que le meilleur régime est à la fois démocratique, aristocratique et monarchique. C’est ce que l’on peut appeler une holacratie, ou une holarchie. Il s’agit d’un gouvernement complet, entier, organique, qui considère que les personnes et les communautés s’insèrent dans des communautés de plus en plus vastes, qui ne sont pas seulement la somme des personnes ou communautés qui la composent, mais sont encore plus. Le gouvernement se répartit alors intelligemment à tous les échelons. Les unités de base (holons) se composent en unité supérieures plus complexes, et ce dans diverses directions. La société est en fin de compte un corps avec divers organes et de multiples interactions.

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