Un chemin de Croix

À la Salette, où a eu lieu une apparition mariale, dont nous fêterons ce dimanche les 175 ans.

La Croix fait peur… Et il faut être aveugle pour ne pas voir qu’elle se dessine à l’horizon pour notre civilisation. Pour avancer vers elle, sans craindre et en gardant la paix, il convient d’avoir les yeux fixés sur ce vers quoi elle nous mène, vers le Royaume qui fait irruption en ce monde. Cela n’est pas évident. C’est pourquoi nous allons tacher ici de dessiner le paysage qui se manifeste à nos yeux.

Voici des extraits des lectures de dimanche prochain :

« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie… Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. » (Sagesse 2, 12;20)

« Des étrangers se sont levés contre moi, des puissants cherchent ma perte : ils n’ont pas souci de Dieu. » (Psaume 53, 5)

« Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez… » (Lettre de saint Jacques 4, 2)

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » (Évangile selon saint Marc 9, 31)

Ces passages nous placent sous le signe de la Croix. Cette Croix que nous avons fêtée mardi dernier. Ils nous dévoilent le péché profond du cœur de l’homme qui mène à la haine, au meurtre, à la mort. C’est ce déferlement du mal qu’a subi le Christ sur la Croix. C’est celui que nous sommes tous appelés à vivre à sa suite. C’est celui qui se manifeste de plus en plus dans le monde.

L’on peut dire aujourd’hui que l’année qui s’annonce semble placée sous le signe de la Croix. Le Diviseur est à l’œuvre. Il oppose ceux qui croient aux dogmes des mesures sanitaires à ceux qui émettent des doutes à ce sujet et proposent d’autres manières de voir les choses. La brisure est en train d’entre consommée, ne serait-ce que parce que l’on est de plus en plus contraint à prendre position : et ce jusque sur ce que l’on accepte pour nos enfants ou pour notre propre corps.

Les conversations à ce sujet occupent le devant de la scène, faisant oublier tout le reste. Je suis nostalgique du temps où les conversations de tous les jours portaient sur des débats spirituels, théologiques, philosophiques ou artistiques. Cela a existé dans l’histoire de notre civilisation. Cela n’est plus.

Et au-delà du sanitaire, l’œuvre de division et de destruction suit également son cours : guerres, pauvretés, lois iniques, irrespects de la vie, impiété, manque de charité, …

La suite du psaume nous dit :

« Mais voici que Dieu vient à mon aide,
le Seigneur est mon appui entre tous.
De grand cœur, je t’offrirai le sacrifice,
je rendrai grâce à ton nom, car il est bon ! »

Je crois que dans ce marasme ambiant, qui ne fait que s’intensifier, Dieu va nous réveiller. Il va nous sortir de nos divisions et de nos contradictions. Mais pour cela, il faut aller à la racine du mal. Il faut aller à la cause. Et si l’on décapite l’Homme Impie qui nous asservit, il perdra tout pouvoir.

« Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » » (Évangile selon saint Marc 9, 33-37)

C’est là bien sûr un avertissement contre l’orgueil qui nous guette tous, et qui est à la racine du mal. Alors, pour nous sortir de l’orgueil, Jésus place devant nous un enfant ; et il nous invite à l’accueillir lui, Jésus, comme l’on accueillerait un enfant.

C’est ce que nous avons décrit dans notre article L’Enfant-Dieu.

Nous avons aussi explicité cela dans notre document Hommes et Femmes dans le plan de Dieu.

Et c’est finalement le mystère de la Sainte Famille qui se dessine, ce mystère qui nous parle du Père : cf. Montre-nous le Père, cela nous suffit !

La racine de l’emprise de Satan sur ce monde, c’est que nous n’avons pas compris qui était le Père. Le Père est un mystère de Famille ; et la Trinité est une Communauté de Familles. Chaque Personne Divine est un déploiement d’amour, d’union et de fécondité. Et cet amour, pour ne pas être replié sur lui-même, se partage dans une communion entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. Le Dieu Un est Trine, et il a neuf Existences. Il est composé de trois Familles ; chacune étant un mystère d’union du masculin, du féminin, et de l’enfantin. Tout en étant un seul Dieu.

Et de même sont les anges : des mystères de famille, masculin-féminin-enfantin.

Et de même, le Christ vient épouser l’humanité en se faisant petit enfant entre le masculin et le féminin.

De la Croix qui se dresse aujourd’hui va jaillir ce mystère pour nous renouveler. Alors, suivons le Christ sur son chemin de Croix, car il veut y sceller ses noces avec nous.

Ce mystère va stopper net l’avancée des ennemis de Dieu. Leur empire va s’effondrer. L’Arbre Mort va tomber : nous aurons l’impression d’un grand désordre. Nous serons encouragés à la conversion et au retour à Dieu. Mais la forêt qui pousse va se rendre visible à nos yeux, et le chemin du monde va pouvoir continuer.

Alors prions Jésus, Marie et Joseph, escortés de toute la cour céleste, de rendre enfin visibles aux yeux de tous ce mystère de la Sainte Famille, gardé pour les temps qui sont les derniers.

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